In Epift. II a<l Cor.. Hom. x .\v. n
rées sur vous par la charité fraternelle \ Dans vos persécutions, vous ne portiez que vos propres faiblesses, ici vous êtes chargé de celles des autres ; dans vos persécutions, vous souffriez par vos ennemis, ici vous soufiErez par vos frères, dont tous les besoins et tous les périls ne vous laissent pas respirer ; dans vos persécutions, votre charité vous fortifiait et vous soutenait contre les attaques, ici c'est votre charité qui vous accable ; dans vos persécutions, vous ne pouviez être combattu que d'un seul endroit dans un même temps, ici tout le monde ensemble vient fondre sur vous et vous devez en soutenir le faix.
C'est donc ici l'accomplissement de toutes ces divines faiblesses dont l'Apôtre se glorifie, et c'est ici qu'il s'écrie avec plus de joie : « Cum infirmor, tune potens sum: Je né suis puissant que dans ma faiblesse. ^> Car quelle est la force de Paul, qui se fait infirme volontairement afin de porter les infirmes, qui partage avec eux leurs infirmités afin de les aider à les soutenir, qui s'abaisse jusqu'à terre par la charité poin- les mettre sur ses épaules et les élever avec lui au ciel, qui se fait esclave d'eux tous pour les gagner tous à son maître? N'est-ce pas là gouverner l'Église d'une manière digne d'un apôtre, n'est-ce pas imiter Jésus-Christ lui-même, dont le trouble nous affermit et dont les infirmités nous guérissent ?
Ne voulez-vous pas, Chrétiens, imiter un si grand exemple? Que d'infirmes à supporter, que d'ignorants à instruire, que de pauvres à soulager dans l'Église ! Mon Frère, excitez votre zèle: cet homme qui vous hait depuis tant d'années, c'est un infirme qu'il vous faut guérir. — Mais sa haine est invétérée ! — Donc son infirmité est plus dangereuse. — Mais il vous a, dites-vous, maltraité souvent par des injures et par des outrages ! — Soutenez
1. Les anciens éditeurs donnent aux autres ; ici, c'est la charité elle-
oette variante : (( Violence de cette même qui l'accable. En l'autre il se
persécution : plus cruelle que les réjouit, ici il est toujours dans les
autres. Là, ses faiblesses propres: ici, larmes. Là il souffre de ses persécu-
celles de tous les autres. Là, il ré- teurs ennemis, ici de ses frères. » —
siste; ici, il veut bien être infirme. Ici, Intéressant canevas, supprimé par
la charité le soutient pour ré.sister Lâchât.
son infirmité : tout le mal est tombé sur lui ; ayez pitié du mal qu'il s'est fait, et oubliez celui qu'il a voulu vous faire. Courez à ce pécheur endurci, réchauffez et rallumez sa charité éteinte ; tendez-lui les bras, ouvrez-lui le cœur, tâchez de gagner votre frère ^
Mais jetez encore les yeux sur les nécessités temporelles de tant de pauvres qui crient après vous. Ne semble-t-il pas que la Providence ait voulu les unir ensemble dans cet hôpital merveilleux, afin que leur voix fût plus forte, et qu'ils pussent plus aisément émouvoir vos cœurs? Ne voulez-vous pas les entendre, et vous joindre à tant d'âmes saintes qui, conduites par vos pasteurs', courent au soulagement de ces misérables? Allez à ces infirmes, mes Frères, faites- vous infirmes avec eux, sentez en vous-mêmes leurs infirmités, et participez à leur misère. Souffrez premièrement avec eux : et ensuite soulagez-vous avec eux, en répandant abondamment vos aumônes. Portez ces faibles et ces impuissants, et ces faibles et ces impuissants vous porteront après jusqu'au ciel. Amen.
1. Matth., XVIII, 15. (le toutes les paroisses ». (i'Y-libien
2. L'ouverture de l'Hôpital gêné- ffinfoirc de Ptirl.y, p, 14t)0. i rai avait été publiée (t anx prônes
prononcé à Paris, dans Tabbave de ce nom, en 16r)7.
Tel est le titre donné à cette œuvre par le premier éditeur. Avec l'abbé N'aillant et avec Gandar, nous accepterons la date indiquée par lui (21 juillet 1657, fête du saint). N'importe que Lâchât se soit inscrit en faux contre elle, pour en proposer une autre. D'après a le style du discours », cet éditeur, avec toute l'audace de l'incompétence, se déclare résolument pour 1659. On n'a plus le manuscrit, qui fournirait, sans doute, comme à l'ordinaire, ime confirmation décisive en faveur des renseignements historiques. (Cf. Histoire critique de la Prédication de Bossiiet, P- l'^6.)
Hœc est Victoria quse vincit mundum, fides nostra.
La victoire qui surmonte le monde, c'est notre foi. (1 Joan., V, 4.)
Quand je considère, Messieurs, tant de sortes de cruautés qu'on a exercées sur les chrétiens, pendant l'espace de quatre cents ans, avec une fureur implacable, je médite souvent en moi-même pour quelle cause il a plu à Dieu, qui pouvait choisir des mojens plus doux, qu'il en ait coûté tant de sang pour établir son Église \ En effet, si nous consultons la fail)lesse humaine, il est malaisé de comprendre conmient il a pu se résoudre à souffrir qu'on lui immolât tant de mart3a'S, lui qui avait rejeté dans sa nouvelle alliance les sacrifices sanglants ; et, après avoir épargné le sang des taureaux et des boucs, il y a sujet de s'étonner qu'il se soit plu, durant tant de siècles, à voir verser celui des hommes, et encore celui de ses serviteurs, par tant d'étranges supplices. Et toutefois, Chrétiens, tel a été le conseil de sa providence, et je ne crains point de vous assurer^ que c'est un conseil de miséricorde. Dieu ne se plaît pas dans le sang ; mais il se plaît dans le spectacle de la patience. Dieu
1. Var. : la foi chrétienne. nétrer le fond, nous reconn:iitron-