‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 218 sur 397 · Var. : et si nous en savons pé- ai.«t'ment · texte numérisé non relu

Var. : et si nous en savons pé- ai.«t'ment

n'aime pas ^ la cruauté, mais il aime une vertu éprouvée ; et s'il la fait passer par un examen laborieux, c'est qu'il sait qu'il a le pouvoir de la récompenser selon ses mérites. Si saint \ ictor avait moins souffert, sa foi n'aurait pas montré toute sa vigueur; et si les tyrans l'avaient épargné, ils lui auraient envié ses couronnes. Dieu nous propose le ciel comme une place qu'il veut qu'on lui enlève et qu'on emporte de force ; afin que, non contents du salut, nous aspirions encore à la gloire, et qu'étant non seulement écliappés des mains de nos ennemis, mais encore a3ant surmonté toute leur puissance, nous puissions dire avec l'Apôtre : Hipc est Victoria quse vincit mundum, fides nostra.

Pour prendre ces sentiments généreux s'il ne fallait que de grands exemples, j'espérerais quelque effet extraordinaire de celui de l'invincible \ ictor, dont la constance s'est signalée par un mart5re si mémorable ; mais, comme ces nobles désirs ne naissent pas de nousmêmes, recourons à celui qui les inspire, et demandonslui son Esprit par l'intercession de la sainte Vierge : Ave.

Comme ~ c'est le dessein du Fils de Dieu de n'avoir dans sa compagnie que des esprits courageux, il ne leur propose aussi que de grands objets et des espérances glorieuses; il ne leur parle que de victoires : ])artout il ne leur promet que des couronnes, et toujours il les entretient de fortes pensées. Entre tous les fidèles de Jésus- Christ, ceux qui se sont le plus remplis de ces sentiments, ce sont les bienheureux martyrs, que nous pouvons appeler les vrais conquérants et les vrais triomphateurs de l'Église. Encore que leurs victoires aient des circonstances sans nombre qui en relèvent l'éclat, néanmoins la gloire qu'ils se sont acquise dépend principalement de trois choses, dont la première est la cause de leur martyre, la seconde le fruit, la troisième la perfection. Ea cause de leui- martyre^, c'a été le mépris"* des idoles.

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