‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 223 sur 397 · I. Orat., ni. 3. De Civit. Dei, lib. IV, cap. vin · texte numérisé non relu

I. Orat., ni. 3. De Civit. Dei, lib. IV, cap. vin

'2. Var. : de communiquer. 4. Var. : porté à tous ces excès.

emporté jusqu'à cet excès. ISIais se dire Dieu, Chrétiens, et cependant se sentir mortel, l'arrogance la plus aveugle ^ en aurait eu honte. Et de là vient. Messieurs, je vous prie d'observer ceci en passant, que nous lisons dans l'Histoire sainte" que le roi Nabuchodonosor, exigeant de son peuple les honneurs divins, n'osa les demander pour sa personne, et ordonna qu'on les rendît à sa statue. Quel privilège avait cette image pour mériter l'adoration plutôt que l'original? Nul sans doute; mais il agissait ainsi par un certain sentiment que cette présence d'un homme mortel, incapable de soutenir les lionneurs divins, démentirait trop visiblement sa prétention extravagante^. I/horame donc étant empêché par sa misérable mortalité, conviction trop manifeste de sa faiblesse, de se porter lui-même pour Dieu, et tâchant néanmoins, autant qu'il pouvait, d'attacher la divinité à soi-même, il lui a donné premièrement une forme humaine ; ensuite il a adoré ses propres ouvrages ; après il a fait des dieux de ses passions ; il en a fait même de ses vices. Enfin, ne pouvant s'égaler à Dieu, il a voulu mettre Dieu au-dessous de lui, il a prodigué le nom de Dieu, jusqu'à le donner aux animaux et aux plus indignes reptiles. Et cela, pour quelle raison, sinon pour secouer le joug de son Souverain, afin que la majesté de Dieu étant si étrangement avilie, et l'homme n'ayant plus devant les yeux ni l'autorité de son nom, ni les conduites de sa providence, ni la crainte de ses jugements, n'eût plus d'autre règle que sa volonté, plus d'autres guides que ses passions, et enfin plus d'autres dieux que lui-même? C'est à quoi aboutissaient à la fin toutes les inventions de l'idolâtrie.

C'est ce qui a porté le grand saint Victor à renverser * avec tant de zèle les idoles, par lesquelles les hommes ingrats tâcliaient de renverser le trône de Dieu pour n'adorer que leurs fantaisies. Mais revenez, illustre martyr : d'autres idoles se sont élevées, d'autres idolâtres remplissent la terre ; et sous la profession du christianisme, ils présentent de l'encens dans leur conscience à de fausses divinités. Et certainement, Chré-

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