‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 224 sur 397 · Dan., m, 5. 4. Var. : à fouler anx pieds · texte numérisé non relu

Dan., m, 5. 4. Var. : à fouler anx pieds

tiens, s'il est vrai, comme je l'ai dit, que raliénation d'avec Dieu et l'attachement à nous-mêmes sont la cause ^ de l'idolâtrie, si d'ailleurs nous reconnaissons en nous ces deux vices, et si t'ortenîent enracinés, comment pouvonsnous nous persuader que nous soyons exempts de ce crime, dont nous portons la source en nous-mêmes? Non, non, mes Frères, ne le croyons pas, l'idolâtrie n'est pas renversée ; elle n'a fait que changer de forme, elle a pris seulement un autre visage".

Cœur humain, abîme infini, qui dans tes profondes retraites caches tant de pensées diiférentes, qui s'échappent souvent à tes propres yeux, si tu veux savoir ce que tu adores et à qui tu présentes de l'encens, regarde seulement où vont tes désirs : car c'est là l'encens que Dieu veut, c'est le seul parfum qui lui plaît. Où vont-ils donc, ces désirs ? de quel côté prennent-ils leur cours r où se tourne leur mouvement? Tu le sais, je n'ose le dire ; mais, de quelque côté qu'ils se portent, sache que c'est là ta divinité : Dieu n'a plus que le nom de Dieu ; cette créature en leçoit l'hommage, i)uisqu'elle emporte l'amour que Dieu demande. Mais connue nous avons vu dans l'idolâtrie que l'homme, s'étant une fois donné la licence de se faire des dieux à sa mode, les a multipliés sans aucune mesure, il nous en arrive tous les jours de même ; car quiconque s'éloigne de Dieu, l'indigence de la créature l'obligeant à partager sans fin ses affections, il ne se contente pas d'une seule idole. Où l'on " a trouvé le plaisir, on n'y trouve pas la fortune ; ce qui satisfait l'avarice ne contente pas la vanité : l'homme a des besoins infinis ; et chaque créature étant bornée, ce que l'une ne donne pas, il faut nécessairement l'emprunter de l'autre. Autant d'appuis que nous y cherchons, au-

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