A<] Mart., n. 2. chaînes
<le vous ouvrir sur les misères du pauvre ! Que ne brisezvous ces liens qui ne vous permettent pas d'aller au secours ou de l'innocent qu'on opprime, qu'une seule de vos paroles pourrait soutenir ; ou du prisonnier qui languit, et que vos soins pourraient délivrer ; ou de cette pauvre famille qui se désespère, et qui subsisterait largement du moindre retranchement de votre luxe ^ ! Employez, Messieurs, votre liberté dans ces usages chrétiens ; consacrez-la au service des pauvres membres de Jésus-Christ. Ainsi, en prenant part à la croix des autres, vous vous élèverez à la fin à cette grande perfection du christianisme, qui consiste à s'inmioler soimême : c'est ce qui nous reste à considérer dans le martyre de saint Victor.
Troisième Point.
Pour tirer de Futilité de cette dernière partie, où je dois vous représenter le martyre de saint Victor, je vous demande, mes Frères, que vous n'arrêtiez pas seulement la vue sur tant de peines qu'il a endurées, mais que, remontant en esprit à ces premiers temps où la foi s'établissait par tant de martyres, vous vous mettiez vousmêmes à l'épreuve touchant l'amour de la croix, qui est la marque essentielle du chrétien. Trois circonstances principales" rendaient la persécution épouvantable. Premièrement, on méprisait les chrétiens ; secondement, on les haïssait : Eritis odio omnibus ^ ; enfin la haine passait jusqu'à la fureur. Parce qu'on les méprisait, on les condamnait sans procédures ; parce qu'on les haïssait, on les faisait souffrir sans modération ; parce que la haine allait jusqu'à la fureur, on poussait la violence jusqu'au delà de la mort. Ainsi, la vengeance publique * n'ayant ni formalité dans son exercice, ni mesure dans sa cruauté, ni bornes dans sa durée, nos pères en étaient réduits aux dernières extrémités^. INIais pesons plus