‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 233 sur 397 · Salvian., adv. Acar.^ \\h. I. 4. Var. : sans corps · texte numérisé non relu

Salvian., adv. Acar.^ \\h. I. 4. Var. : sans corps

2. Var. : s'est uni avec. h. Ps. XXI, 16. ;{. Var. : et dans les orriniaces.

pour soutenir l'esprit du christianisme, Seiyneui', rendez-nous les tyrans, rendez-nous les Domitiens et les Nérons ' !

Mais modérons notre zèle, et ne faisons point de vœux indiscrets ; n'envions pas à nos princes le l)onlieur d'être chrétiens, et ne demandons pas des persécutions que notre lâcheté ne pourrait souffi'ir'. Sans ramener les roues et les chevalets, sur lesquels on étendait nos ancêtres, la matière ne manquera pas à la i^atience. La nature a assez d'infirmités, le monde a assez d'injustice, sa faveur assez d'inconstance, il y a assez de bizarrerie dans le jugement des hommes, et assez d'inégalité dans leurs hmneurs contrariantes. Apprenons à goûter ces amertumes; et quelque sorte d'atrùctions que Dieu nous envoie, profitons de ces occasions pi-écieuses et ménageons-en avec soin tous les moments.

Le ferons-nous, mes Frères, le ferons-nous? Nous réjouirons-nous dans les opprobres? nous plairons-nous dans les contrai'iétés ? Ha! nous sommes trop délicats, et notre couraye est trop mou. Nous aimerons toujours les plaisirs, nous ne pouvons durer un moment avec Jésus-Christ sur la croix. Mais, mes Frères, s'il est ainsi, pourquoi baisons-nous les os des martyrs? pourquoi célébrons-nous leur naissance? pourquoi écoutonsnous leurs éloges ? Quoi ! sei"ons-nous seulement spectateurs oisifs ? Quoi ! verrons-nous le grand saint Victor boire à longs traits ce calice amer de sa passion, que le Fils de Dieu lui a mis en main ; et nous croirons que cet exemple ne nous regarde point, et nous n'en avalerons pas une seule goutte, comme si nous n'étions pas enfants de la croix ! Ha ! mes Frères, gardez-vous d'une si grande insensibilité. Montrez que vous croyez ces paroles : Bienheureux ceux qui souffrent persécution ^ ; et ces autres non moins convaincantes : Celui qui ne se hait ixis soi-même, et qui ne porte pas sa ci'oix tous les jours, n^cst pas digne de moj^.

1. Au temps de Bossuet, les noms presque littéralement dans le f'avrpi'opres mis au pluriel en prenaient gi/rique de saint André { liitiH^. toujours le signe T.. Matth.. v, 10.

2. Tout ce qu'on lit ici sur la vraie 4. Ihid.. x, 38. et la fau??e jiiété, se retrouvera

Ha ! nous les croyons, ô Sauveur Jésus : c'est vous qui les ave/ proférées. — Mais si vous les croyez, nous dit-il, prouvez-le-raoi par vos œuvres. Ce sont les souffrances, ce sont les combats, c'est la peine, c'est le grand travail, qui justifient la sincérité de la foi. — Seigneur, tout ce que vous exigez de nous est l'équité même ; donnez-nous la grâce de l 'accomplir ; car en vain entreprendrions-nous par nos propres forces de l'exécuter : bientôt nos efforts impuissants ne nous laisseraient que la confusion de notre supeibe témérité. Soutenez donc, ô ])ieu tout-puissant, notre faiblesse par votre Esprit-Saint i Faites-nous des chrétiens véritables, c'est-à-dire des chrétiens amis de la croix : accordez-nous cette grâce par les exemples et par les prières de Victor, votre serviteur, dont nous honorons la mémoire ; afin que l'imitation de sa patience nous mène à la participation ^ de sa couronne. Amen.

Première rédaction du second exorde 2 ; « Il y a cette différence entre la jiiilice des hommes et celle de Jésus-Christ, que. dans la milice des hommes, on n'est obligé que de bien combattre, au lieu que, dans celle de Jésus-Christ, il nous est outre cela ordonné de vaincre et de désarmer nos ennemis. Cette différence, Messieurs, est fondée sur cette raison, que, dans les guerres des hommes, l'événement ne dépend pas toujours du courage ni de la résolution des combattants: mille conjonctures diverses, que nulle prudence ne peut prévoir ni nul effort détourner, rendent le succès hasardeux, et toutes les histoires sont pleines de ces braves infortunés, qui ont eu la gloire de bien combattre, sans goûter le plaisir du triomphe. Au contraire, sous les glorieux étendards de Jésus- Christ, notre capitaine, comme les armes qu'on nous donne sont invincibles et que le seul nom de notre chef peut mettre nos ennemis en déroute, la victoire n'est jamais douteuse, pourvu que le courage ne nous manque pas. « Mes élus, dit le Seigneur, ne travaillent pas en vain : Electi mei non laborabunt frustra » (Is., Lxv, 23). C'est pourquoi, dit le bien-airaé disciple, tout ce qrii est né de Dieu surmonte le ■inonde, tout ce qui est enrôlé dans cette milice par la grâce du saint baptême emporte infailliblement la victoire : c'est-à-dire cpie, dans cette armée, il n'y a point de vertus malheureuses, et que la valeur n'y a jamais de mauvais succès; enfin, que la conduite en est si certaine qu'il n'y a de vaincus que les déserteurs. Ainsi, comme l'assurance de vaincre dépend de la résolution de combattre, ne vous étonnez pas si je vous ai dit que nous devons mériter autant de couronnes que nous livrons de batailles, et que .Tésus-Christ ne souffre sous ses étendards que des victo-

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