‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 234 sur 397 · Var. : à la société... 2. Cf. p · texte numérisé non relu

Var. : à la société... 2. Cf. p

PANÉGYRIQUE DE SAINT VKTr)R. 367

rieux et des conquérants : Omne quod natum est ex Dco, vinclt mundum (I Joan., v, 4).

Cette vérité étant reconnue, i! n'y a rien à craindre pour saint Victor dans ce long et admirable combat dont vous venez aujourd'hui être spectateurs. Puisqu'il est résolu de résister, il est par conséquent assuré de vaincre ; mais il ne veut de victoire que pour faire régner Jésus-Christ, son maître. En effet, il le fait régner, et il montre bien sa puissance à la face des juges romains et de tout le peuple infidèle, en trois circonstances remarquables que nous apprend son histoire. On le produit devant les idoles pour leur présenter de l'encens; et au lieu de les adorer, d'un coup de pied qu'il leur donne il les renverse par terre ; n'est-ce pas faire triompher le Dieu vivant sur les fausses divinités, par lesquelles on l'excite à jalousie ? Mais c'est peu au divin Sauveur d'avoir vaincu les idoles nuiettes et inanimées ; ce sont les hommes qu'il cherche, c'est sur les hommes (|u'il veut régner: Victor, prisonnier et chargé de fers, lui conserve non seulement des sujets, mais encore il lui en attire : il encourage ses frères, il fait des martyrs de ses gardes : n'est-ce pas établir généreusement l'empire de Jésus-Christ que de retenir ses troupes dans la discipline et même les fortifier de nouveaux soldats, pendant que la puissance ennemie travaille à les dissiper par la crainte? Enfin il est tourmenté par des cruautés san= exemple ; et c'est là qu'il scelle de son propre sang la gloire de Jésus-Christ, en soutenant, pour l'amour de lui. la terrible nouveauté de tant de supplices. Voilà les entreprises mémorables de notre invincible martyr ; c'est ainsi que Victor est victorieux, et le fruit de cette victoire est de faire triompher Jésus-Christ.

Oui, \'ous triomphe/, ô Jésus, et Victor... »

Prononce devant Anne d'Autriche, a Metz. 13 octobre 167)7.

Ledieu avait placé ce discours ' en 1658; M. l'ioquet a rectifié cette erreur (Études, t. I, p. 428 et suiv.) , en sappuyant principalement sur les renseignements précis contenus dans la Muge historique de Loret {Lettres du 20 et du 27 octobre 1657). Louis XIV, âgé de dix-neuf ans, était entré solennellement à Metz, le 18 septembre. Le séjour de la cour en Lorraine avait pour, but de peser sur les décisions de la diète assemblée à Francfort pour élire un successeur à l'empereur Ferdinand III. Quand vint le 15 octobre, le jeune roi ne se trouvait plus à Metz, mais visitait l'une après l'autre les places fortes du pays. Il n'entendit donc pas ce sermt)n, le premier que Bossuet ait prononcé devant « la cour de F'rance, que le hasard des circonstances amenait, si loin de Paris, comme à point nommé, pour consacrer la réputation naissante d'un orateur destiné à être bientôt ime des splendeurs du règne -. » On remarquera qu'à la première occasion qui s'en est rencontrée pour lui, Bossuet, le disciple de saint ^'incent de Paul, n"a pas manqué de faire entendre aux grands du monde un appel en faveur des pauvres, et de leur enseigner à demander à Dieu « tm cœur fraternel, im cœur véritablement chrétien ».

Nostra autem conversatio in cœlis est.

Notre société est dans les cieux.

(Philipp.. m, 20.)

Dieu a tant d'amour pour les hommes, et sa natui'e est si libérale, qu'on peut dire qu'il semble qu'il se fasse quelque violence, quand il retient pour un temps ses bienfaits et qu'il les empêche de couler sur nous avec une entière profusion. C'est ce que vous pouvez aisément comprendre par le texte c^ue j'ai rapporté de l'incomparable Docteur des Gentils. Car, encore qu'il

1. Le manuscrit ne s'est pas re- sée ilans la collection de M. H. de

trouvé jusqu'ici. Un catalogue d'au- Rothschild, consiste en des Remar-

tographes mentionnait bien naguère que!' morales, tout à fait étrangères

un Fragment du panéffi/rique de à ce discours.

sainte Thérèse ; mais l'indication "2. Gandar. Bosi^iet orateur, p. 205. était erronée. La ])iece. qui est pas-

ait plu au Père céleste de ne recevoir ses fidèles en son éternel sanctuaire qu'après qu'ils auront fini cette vie, néanmoins il semble qu'il se repente de les avoir remis à si loni;- terme, puisque le grand Paul nous enseigne qu'il leur ouvre son paradis par avance ; et comme s'il ne pouvait arrêter le cours de sa munificence infinie, il laisse quelf[uefois tomber sur leurs âmes tant de lumières et tant de douceurs, et il les élève de telle sorte, par la grâce de son Saint-Esprit, qu'étant encore dans ce corps mortel, ils peuvent dire avec l'Apôtre que leur demeure est au ciel, et leur société avec les anges : Nostra autcm coiivermtio in cu'lis est.

C'est ce que j'espère vous faire paraître en la vie de sainte l^hérèse ; et c'est, Madame, à ce grand spectacle que l'Église invite Votre Majesté. Elle verra une créature fjui a vécu sur la terre comme si elle eût été dans le ciel, et cjui, étant composée de matière, ne s'est guère moins applif|uée ' à Dieu que ces pures intelligences qui l)rillent toujours devant lui par la lumière d'une charité éternelle ' et chantent perpétuellement ses louanges. ]Mais, avant que de traiter de si grands secrets, allons tous ensemble puiser des lumières dans la source de la vérité : prions la sainte Vierge de nous y conduire ; et, pour apprendre à louer un ange terrestre, joignonsnous avec un ange du ciel : .Ire.

Vous ' avez écouté, mes Frères, ce que nous a dit le divin Apôtre, qu'encore que nous vivions sur la terre dans la compagnie des hommes mortels, néanmoins il ne laisse pas d'être véritable C[ue notre demeure est un ciel, et notre société' avec les anges: Nosiru autem couve rsatio in aelis est. C'est une vérité importante, pleine de consolation pour tous les fidèles ; et comme "'

1. Var. : ne s"est par: moins élc- je ne puis mieux vous rejjRsenter vOe. (juelle était cette sainte vierg^e que

2. Var. : qui brillent toujours de- ]>arces beaux mots de TAi^'itre, par vant lui i)ar le feu d'une charité lesquels il ne craint ]ioint de nous éternelle. assurer qu'encore que nous vivions

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