‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 236 sur 397 · Var. : et qui établit l'âme de n. J · texte numérisé non relu

Var. : et qui établit l'âme de n. J

comme un faux ami, au milieu de ses entreprises, ou que, forcé par la rencontre des choses, il revient à son sens rassis et ne trouve rien en ses mains de toute cette liante ^ fortune dont il embrassait une vaine image, que peut-il juger de lui-même, sinon qu'une espérance trompeuse le faisait jouir pour un temps de la douceur d'un songe agréable? Et ensuite ne doit-il pas dire, selon la pensée de ce philosophe, que l'espérance peut être appelée « la rêverie d'un homme qui veille : Somnium vigilantiKin ? » Mais, ô espérance du siècle, source infinie de soins inutiles et de folles prétentions, vieille idole de toutes les cours, dont tout le monde se moque et cjue tout le monde poursuit, ce n'est pas de toi que je parle : l'espérance des enfants de Dieu, que je dois aujourd'hui prêcher et que nous devons tous admirer en sainte Thérèse, n'a rien de commun avec tes erreurs.

Apprenez aujourd'hui, mes Frères, à remarquer la différence de l'une et de l'autre, afin que vous puissiez dire avec connaissance : « Ha ! vraiment il est meilleur d'espérer en Dieu que de se confier aux grands de la terre : Bonuj}} c^t confiderc in Domino, quam confiderc in homine'. » Mais pénétrons profondément cette vérité, et disons, s'il se peut, en peu de paroles que cette différence consiste en ce point, que l'espérance du inonde laisse la possession toujours incertaine et encore beaucoup éloignée ; au lieu que l'espérance des enfants de Dieu est si ferme et si immuable, que je ne crains point <le vous assurer qu'elle nous met^ par avance en possession du bonheur que Ton nous propose^, et qu'elle fait un commencement de la jouissance. Prouvons-le ' soli-

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