Yav. : grande. très connue, ([ue l'espérance de
2. Ps., rxvil. 8. chi-étiens est fondée .sur rautorité :i. Yar. : c'e.«t elle ([ui. contre la des promesses que Dieu leur a faites
nature de toutes les autres, nous et des paroles qu'il leur a données.
jiiet... C'est ici qu'il nous faut entendre,
4. Yar.: de tout le bien ([u'elle dans l'effusion de no.s cœurs, la bon-
nous propose. té de Dieu sur les hommes. Car. mes
ô. Première rédaction : Espli- Frères, le Père éternel, nou.s voyant
quons cette vérité par une doctrine bannis en ce monde comme en une
solide, et après nous en verrons la terre étrangère, bien que nous fus-
pratique dans la vie de sainte Thé- sions criminels et qu'il nous regar-
rèse. Pour entendre solidement cette dât en fureur comme des enfants de
merveilleuse doctrine, je suppose colère, néanmoins ce Père miséricor-
pour premier principe une vérité dieux, qui, même dans sa juste indi-
dément par les Écritures ; et, parmi un nombre infini d'exemples par lesquels elles nous confirment cette vérité, je vous prie d'en remarquer seulement un seul, qui n'est ignoré de personne.
Dieu avait promis Jésus-Christ au monde ; et Isaïe voyant en esprit cette grande et mémorable journée en laquelle devait naître son Libérateur, il s'écrie, transporté de joie : « Un petit enfant nous est né, un fils nous est donné : Parculiis natus est nobis, et filiu^ datus est nobis \ » Chrétiens, il écrivait cette prophétie plusieurs siècles avant sa naissance ; néanmoins il le voit déjà, il soutient qu'il nous est donné, seulement à cause qu'il sait qu'il nous est promis et que, comme dit le grand Augustin, « toutes les choses que Dieu a promises, selon l'ordre de ses conseils sont déjà en c^uelque sorte accomplies, parce qu'elles sont assurées. Qiise Ventura erant, jam in Dei pnedestinatione veliit facta erant, quia certa erant ~. » \'ous voyez par là. Chrétiens, que, selon les Écritures sacrées, la promesse que Dieu nous donne, à cause de sa certitude, est infaillible.
Notre incomparable Thérèse a imité ce divin prophète. Se sentant appelée par la Providence à procurer la réformation de l'ordre ancien du Carmel, si renommé par toute l'Église, elle croit déjà l'ouvrage achevé, parce que c'est Dieu qui lui a ordonné de l'entreprendre. C'est un miracle incroyable de voir comment cette fille a bâti ses monastères". Représentez- vous une femme qui, pauvre et destituée de tout secours, a pu bâtir tous les monastères dans lesquels elle a fait revivre une si parfaite régularité : elle n'avait ni fonds pour leur subsistance, ni crédit pour en avancer l'établissement. Toutes les puissances s'unissaient contre elle, j'entends et les ecclésiasticiues et les séculières, avec une telle opiniâtreté,
gnation, ne peut oublier ses bontés. 1. !>.. ix (!.
a remis en son souvenir que notre 2. De Cic'U. Bel. lib. XTII, ca]).
origine est céleste: et se laissant viii.
attendrir sur nous, touché des mi- 3. Peut-être cette phrase fait-elle
sères de notre esO, U a aussitôt double emploi avec le commence-
conçu le dessein de nous rappeler à ment de celle qui suit. Jusqu'à ce
notre patrie. Qu"a-t-il fait, qu"a-t-il que se retrouve l'autogi-aphe, il faut.
accompli pour exécuter ce dessein '/ malgré qu'on en ait. reproduire l'é-
Écoutez le divin psalmiste : Mhlt dation princeps, sauf le cas où l'er-
rerhum simm. et sanavit co,«. (Ps. reur serait évidente.
rvi.)
qu'elle paraissait invincible. Toutes les personnes zélées que Dieu employait à cette œuvre, et même ses serviteurs les plus fidèles, désespéraient du succès, et le disaient ouvertement à la sainte !\Ière. Elle seule demeure constante dans la ruine apparente de tous ses desseins; aussi ferme que le fidèle Abraham, « elle fortifie son espérance contre toute espérance : Contra spcni in spcm, » dit le grand Apôtre V; c'est-à-dire qu'où manquait l'espérance humaine, accablée sous les ruines de son entreprise, là une espérance divine commençait à lever la tête au milieu de tant de débris. Animée de cette espérance, lorsque tout l'édifice semblait abattu, elle le croyait déjà établi. FA cela pour quelle raison, si ccï n'est qu'il est bon d'espérer en Dieu, et non pas d'espérer aux hommes? parce qu'ainsi que je l'ai déjà dit, l'espérance que l'on a aux hommes ne nous montrant' que de fort loin la possession, n'est qu'un amvisement inutile qui substitue un fantôme au lieu de la chose ; et au contraire l'espérance f(ue l'on met en Dieu est un commencement de la jouissance.
Mais, mes Frères, ce n'est pas assez d'avoir établi cette vérité sur des exemples si clairs : afin que vous soyez convaincus combien' il est beau d'espérer en Dieu, il faut vous montrer la raison de cette excellente doctrine. Je vous prie de vous y rendre attentifs, elle est tirée d'un très haut principe : c'est l'immobilité des conseils de Dieu, et sa constance toujours immuable. Je suis Dieu, dit le Seigneur, et je ne change jamais ' ; et de là s'ensuit une conséquence que je ne puis vous exprimer mieux (jue par ces beaux mots de Tertullien, qui sont tout ' faits pour notre sujet : « Il est digne de Dieu, dit-il, de tenir pour fait tout ce qu'il ordonne, soit pour le présent, soit pour le futur ; parce que son éternité, qui l'élève au-dessus des temps, le rend maître absolu de l'un et de l'autre. Divinitati competit, quxcumque deerevcrit, ut perfccta rcputare ; quia non sit apud iUam
]. llom., IV, IS. — Edit. : //; .-'peni C'est ainsi qu'au temps de Bossuet,
contra speni. ijn écrivait l'adverbe toiif suivi d'uu
"2. Deforis : ne nous montre. adjectif pluriel. Aujourd'hui, cette
;5. Latini.sme. orthographe ferait un contresens