I Cor., XV, 31. ces célestes
Sermons de Bojsuct. — IL '^.î
Ou, s'il VOUS plaît qu'elle vive encore, quel remède trouverez-vous à ses peines? I.a mort? mais il vous plaît de la différer, pour élever sa perfection à l'état glorieux et suréminent que votre providence a marqué pour elle. 1/ espérance? mais elle la tue, parce qu'en lui disant qu'elle vous verra, elle lui dit aussi dans le même temps ((u'elle n'est pas encore avec vous. Que ferez-vous donc, ô Sauveur, et de quoi soutiendrez-vous votre amante, dont le cœur languit après vous? Chrétiens, il sait le secret de lui faire trouver du goût dans la vie. Quel secret? Secret merveilleux. Il lui envolera des afflictions ; il éprouvera son amour par de continuelles souffrances : secret étrange, selon le monde ; mais sage, admirable, infaillible, selon les maximes de l'Évangile. C'est par où je m'en vais conclure.
Troisième Point.
La langueur de sainte 'Jliérèse ne peut donc i)lus être soutenue que par des souft'rances ; et dans l'ennui qu'elle a de la vie, elle ne trouve point de consolation que de dire ' continuellement à son Dieu : Seigneur, « ou souffrir, ou mourir : Aiit pati, mit mori. » Il est digne de votre audience de comprendre solidement toute la force de cette parole ; et quand je vous en aurai découvert le sens, vous confesserez avec moi qu'elle renferme comme en abrégé toute la doctrine du Fils de Dieu et tout l'esprit du chri.stianisme. Mais observez avant toutes choses la merveilleuse contrariété des inclinations naturelles et de celles que la grâce inspire.
I^a première inclination que la natiu'e nous donne, c'est sans doute l'amour de la vie; la seconde, qui la suit de près ou qui peut-être est encore plus forte, c'est l'amour des plaisirs du monde, sans lesquels la vie serait eimuyeuse. Car, mes Frères, il est véritable : quelque amour que nous ayons pour la vie, nous ne la pourrions supporter si elle n'avait des contentements; et jugez-en par expérience. Combien longues, combien ennuyeuses vous paraissent ces tristes journées que vous passez sans