A'ar. : de crier
PANKC.VUIQl'E 1)K SAINTK THÉRÈSE. 387
aucun i)laisir de converstition ou de jeu, ou de quelque autre divertissement ! Ne vous semble-t-il pas alors, si je puis parler de la sorte, que les jours sont durs et [)esants : Pondus diei? C'est ce qui s'appelle le poids du jour : c'est pourquoi ils vous sont à charge, et vous ne pouvez supporter ce jioids. Au contraii'e, est-il rien cjui aille plus vite ni qui s'écoule, s'échappe et vole plus légèrement que le temps passé parmi les délices? De là vient que ce roi mourant auquel Isaïe rendit la santé se plaint qu'on tranche le cours de sa vie lorsqu'il ne faisait que la commencer : « Duin adliuc ordirer, sitccidit me ; de mane usque ad vesperain finies me ' : Je finis lorsque je commence, et ma vie s'est achevée du matin au soir ! » Que veut dire ce prince malade? II avait près de quarante ans ; cependant il s'imagine qu'il ne fait que de naître, et il ne compte encore qu'un jour rie son âge ! C'est C[ue sa vie passée dans le luxe, dans le plaisir du connnandement et dans une abondance royale, ne lui faisait presque point sentir sa durée, tant elle coulait doucement ! Je vous parle ici. Chrétiens, dans le sentiment des hommes du monde, qui ne vivent que pour les plaisirs ; et c'est afin que vous compreniez quel étrange renversement des inclinations naturelles ajiporte ' l'esprit du christianisme dans les âmes qui en sont remplies : et voyez-le par l'exemple de sainte Thérèse.
Les afflictions, les douleurs aiguës, ce cruel amas de maux et de peines sous lequel elle paraît accablée, et qui pourrait contraindre les plus patients à appeler la mort au secours, c'est ce qui lui fait désirer de vivre ; et au lieu que la vie est amère aux autres, si elle n'est adoucie par les voluptés, elle n'est amère à Thérèse que lorsqu'elle y jouit de quelque repos. Qui lui donne ces désirs étranges? d'où lui viennent ces inclinations si contraires à la nature? En voici la raison solide : c'est qu'il n'est rien de plus opposé que de vivre selon la nature et de vivre selon la grâce ; c'est, comme dit l'apôtre saint PauP, qu'elle n'a pas reçu l'esprit de ce monde, mais un esprit victorieux du monde ; c'est que, pleine de Jésus-Christ, elle veut vivre selon Jésus-Christ, Ce Jé-