‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 248 sur 397 · s., i.iii. .'i. "2. De Patient., n · texte numérisé non relu

s., i.iii. .'i. "2. De Patient., n

le calice que votre providence m'avait préparé? ou bien reste-t-il quelque peine qu'il soit nécessaire que j'endure encore? Donnez, je suis i)rêt, ô mon Dieu! Paratu7n cor mcum, Deus, paratiiw cor ineinn\ Je veux boire tout le calice de ma Passion, et je n'en veux pas perdre une seule goutte. I.à, voyant dans ses décrets éternels qu'il n'y a plus rien à souffrir pour lui : Ha ! dit-il, c'en est fait, « tout est consommé : Consummatum est ~ : » sortons, il n'y a plus rien à faire en ce monde ; et aussitôt il rendit son âme à son Père. Et par là, ne paraît-il pas. Chrétiens, qu'il ne vit que pour endurer, puisque, lorsqu'il aperçoit la fin des souffrances, il s'écrie : Tout est achevé, et qu'il ne veut jilus prolonger sa vie ?

Tel est l'esprit du Sauveur Jésus, et c'est lui qui l'a répandu sur Thérèse, sa pudique épouse. Elle veut aussi souffrir ou mourir ; et son amour ne peut endurer qu'aucune cause retarde sa mort, sinon celle qui a différé la mort du Sauveur. Chrétiens, échauffons nos cœurs par la vue de ce grand exemple, et apprenons de sainte Thérèse qu'il nous faut nécessairement souffrir ou mourir. Et un chrétien en peut-il douter? Si nous sommes de vrais chrétiens, ne devons-nous pas désirer d'être toujours avec Jésus-Christ? Or, mes Frères, où le trouvet-on, cet aimable Sauveur de nos âmes? En quel lieu ])eut-on l'embrasser? On ne le trouve qu'en ces deux lieux : dans sa gloire ou dans ses supplices, sur son trône ou bien sur sa croix. Nous devons donc, pour être avec lui, ou bien l'embrasser dans son trône, et c'est ce que nous donne la mort, ou bien nous unir à sa croix, et c'est ce que nous avons par les souffrances; tellement qu'il faut souffrir ou mourir, afin de ne quitter jamais le Sauveur. Et quand Thérèse fait cette prière : Que je souffre ou bien que je meure, c'est de même riue si elle eût dit : A quelque prix c^ue ce soit, je veux être avec Jésus-Christ; s'il ne m'est pas encore permis de l'accompagner dans sa gloire, je le suivrai du moins jiarmi ses souft'rances, afin que, n'ayant pas le bonheur de le contempler assis dans son trône, j'aie du moins la consolation de l'embrasser pendu à sa croix.

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