Joan., VIII. 7. -'i- /''«'., vu. o
•2. Galat., VI, 2. <i. Joau., III, 20.
:i. Couler (Viilg. ■./'.r cul an tes), fil- 7. Gen., IV, i».
tier. f*. Marc. iv. 24.
\. Matth.. .x.xiii. 24.
SUR lA CHARITÉ FRATERNELLE. 439
donc se promettre ces liomnies sans tendresse, sans sentiment pour leurs frères? Tu es insensible aux intérêts de ton frère ; Dieu sera insensible pour toi. Ainsi le mauvais riche fut insensible aux maux de Lazare ; et, à son tour, il n'éprouva qu'insensibilité dans l'excès des tourments qu'il endurait. Tous les imitateurs de son indifférence rloivent s'attendre au même traitement. Une uoutte d'eau éternellement demandée et éternellement refusée ; le ciel, de fer sur ta tête, la terre, d'airain sous tes pieds : voilà ce que mérite ton indifférence. Jugement uins Diiséricorde à celui qui ne fait point miférieorde \
Rien de plus fort que la doctrine de saint Jude contre les indifférents : Nuées sans eau ", qui ne répandent jamais la moindre rosée sur la terre ; ce sont des arbres sans fruits, ou, s'ils en donnent, ce sont des fruits qui ne mûrissent jamais : quelques désirs, des feuilles, des fleurs ; jamais de fruit ]iour le prochain. Aussi quel terrible jugement ces pécheurs impitoyables ne subirontils pas, lorsque Dieu viendra convaincre tous les impies de la dureté de leur cœur et de l'injustice de leurs actions, et exercer ses vengeances contre tous ceux qui manquent de charité, qui se séparent eux-mêmes'^ ; lionimes sensuels, qui, n'ayant point VEsprit de Dieu, font schisme dans le corps même dont ils sont membres ^ !
« Dilatamini et vos: Étendez donc votre cœur pour vos frères. Pourquoi vos entrailles sont-elles resserrées à leur égard? Angustiamini autem in visceribus vestris''. » Rien n'entre chez vous que votre intérêt, votre passion, votre plaisir. « Dilatez-vous donc, dilatez-vous : Dilatamini, dilatamini et vos. » Voilà donc ce cœur dilaté, qui enferme tous les hommes : son amour embrasse les amis et les ennemis ; il ne fait plus de différence entre ceux qui plaisent et ceux qui déplaisent. Mais encore que cela soit ainsi et qu'il les aime tous, il ne se soucie pas d'être aimé, il ne craint point d'être haï : c'est le comble, c'est la jDerfection de la générosité chrétienne.
L Jac. II. lit. 4. I Cor.. XII, lô. ICi.
•-'. Jud.. 12. 5. II C(.r.. VI. 12. i:!.
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II. Il ne s'en soucie pas par rapport à soi, et s'il recherche leur amitié, c'est « afin de vivre en paix, autant qu'il est en lui, avec tout le monde : Ctim omnibus hominihus pacem habentes\ » Mais s'ils ne veulent pas répondre aux efforts de sa charité, il sera alors heureux de souffrir patiemment la haine injuste qu'ils lui porteront : Beati eritis cum vos oderint liomines,... et exprobravcrint... propter FUium hominis". Et ce qui doit le consoler, c'est qu'il aura en cela un trait de ressemblance avec le Sauveur, que les hommes ont haï sans aucun sujet : Ut adiinplcatur scrmo qui in lege eorutn scriptus est, quia odio habuerunt me grat'is^. Toutes ses œuvres ne respiraient que tendresse pour les hommes, ses discours étaient animés d'un zèle tout divin pour leur salut, il était vivement sensible à toutes leurs infirmités, il prodiguait les miracles de sa puissance en leur faveur, il les instruisait avec une bonté ravissante, il les supportait avec une patience infatigable ; mais, parce qu'il leur disait la vérité, il leur devint odieux, et ils résolurent sa perte. Ainsi, par un mouvement de charité, vous avez repris votre frère, vous lui avez mis son péché devant les yeux : à cette femme, sa vie licencieuse ; à ce mari faible, qui ne réprime pas les excès de son épouse, sa lâche condescendance ; à ce père, à cette mère trop indulgents, leur mollesse : vous êtes haï ; on ne peut souffrir le zèle qui vous anime. Réjouissez-vous, parce que vous êtes heureux. Vous vous êtes jeté entre deux frères, deux parents, deux amis, qui allaient se consumer par des procès, mettre le feu dans la maison l'un de l'autre ; vous vous jetez au milieu du feu, entre les poignards aiguisés de ces hommes qui se perçaient mutuellement; ils vous haïssent, ils vous frappent, ils vous percent tous deux : vous êtes heureux. Le monde vous hait, parce que vous n'en voulez pas suivre les œuvres, ni marcher dans ses sentiers. Vous n'avez pas voulu prêter votre ministère au crime, à la passion d'autrui ; on vous hait gratuitement : vous êtes heureux, vous portez le caractère de Jésus-Christ. Venez, médisant ; venez, envieux : vous imprimez sur moi ce beau