Ms. : appréhendent. 7. Jhid., i
;"). Var. : et .soutient Pierre treni- S. Var. : de cette tempête. — de
Mant de frayeur. — Edit. : à Pieri-e cette tourmente.
leur, il la laisse agir dans toute sa force ; cependant la constance, toujours assurée au milieu de ce bruit et ds ce tunuilte, marche d'un pas égal et tranquille sur ces flots vainement émus, qui la touchent sans l'ébranler, et sont contraints, contre leur nature, de lui servir de soutien^ : et c'est la troisième manière dont Jésus- Christ surmonte les afflictions.
Représentez-vous, Chrétiens, que vous avez vu une image de ce qui se passe en la sainte Vierge, Quand elle regarde Jésus-Christ mourant, il est vrai <:}ue la tristesse élève avec une effroyable impétuosité ses flots, qui semblent tantôt menacer le ciel en attaquant la constance de cette Vierge-Mère " par tout ce que la douleiu- a de plus terrible : elle creuse tantôt des abîmes, lorsqu'elle ne découvre à ses yeux que les horreurs de la mort"^; mais ne croyez pas qu'elle en soit troublée '. Marie ne veut point voir cesser ses douleurs, parce qu'elles la rendent semblable à son Fils: elle 'ne donne point de bornes à son affliction, parce qu'elle ne peut contraindre son amour ; elle ne veut point être consolée, parce que son Fils ne trouve point de consolateur ' ; elle ne vous demande pas, ô Père éternel, que vous modériez sa tristesse ; elle n'a garde fie demander ce secours dans le moment qu'elle voit votre colère si fort déclarée contre votre Fils, qu'elle le contraint de se plaindre que vous-même le délaissez. Non, elle ne prétend pas d'être '' mieux traitée : il faut qu'elle dise, avec Jésus-Christ, que tous vos flots ont passé sur elle ' ; elle n'en veut pas perdre une goutte, et elle serait fâchée de ne sentir pas tous les maux '^ de son bien-aimé. Donc, mes Frères, que ses douleurs s'élèvent, s'il se jieut, jusqu'à l'infini; il est juste de les laisser croître : le Saint-Esj)rit ne permettra pas ni que son temple soit ébranlé : « Fundavicnta ejus in viontibus Hanctk^\ il en a posé les fondements sur le haut des saintes montagnes : » les flots n'arriveront pas jus-
1. \';\v. : lie servir de foncleinent à 4. \":ii-. : qu'elle soit troublée.
ses jiieds. ô. Var. . de consolation.
•J. Yar. : sa constance. (i. Var. : elle ne veut i)a.s être.
;!. Var. : lorsqu'elle découvre à la 7. Ps. XLI. 8.
sainte Vierge toutes les horreurs de S. Var. : toutes les douleurs,
la nioi't. !'. Ps. i.x x.\ VI. I.
que-là ; ni que cette fontaine si pure, qu'il a conservée avec tant de soin des ordures de la convoitise, devienne trouble et mêlée par le torrent des afflictions \ Cette haute partie de Tâme, en laquelle il a mis son siège, gardera toujours sa sérénité, malgré les tempêtes qui grondent au-dessous.
Que si vous en voulez savoir la raison, permettez f[ue je vous découvre en peu de jmroles un mystère que vous pourrez méditer à loisir durant ces saints jours. Le docte et l'éloquent saint Jean Chrysostome, considérant le Fils de Dieu prêt à rendre l'âme, ne se lasse point d'admirer comme il se possède dans son agonie ; et, méditant profondément cette vérité, il fait cette belle observation. I.a veille de sa mort, dit ce saint évêque", il sue, il tremble, il frémit, tant l'image de son supplice lui paraît terrible ; et, dans le fort des douleurs, il paraît changé tout à coup, et les tourments né lui sont plus rien. Il s'entretient avec ce bienheureux larron, d'un sens rassis et sans s'émouvoir ; il considère et reconnaît distinctement ceux des siens [p. 11] qui sont auprès de sa croix, il leur parle et il les console ; après, il lit dans les prophéties qu'on lui prépare encore un breuvage amer : il élève la voix pour le demander, il le goûte sans s'émouvoir ; et enfin, ayant remarqué que tout ce qu'il avait à faire était accompli, il rend aussitôt son âme à son Père ; et le fait avec une action si libre, si paisible, si préméditée, fju'il est bien aisé à juger que « personne ne la lui ravit, mais qu'il la donne lui-même de son plein gré : Nemo toUit eu m a me, scd ego pono eani a me ipso^. »
Qu'est-ce à dire ceci. Chrétiens? Comment est-ce que l'appréhension du mal l'afflige si fort, puisqu'il semble que le mal même ne le touche pas? Je sais bien qu'on pourrait répondre que l'économie de notre salut est un ouvrage de force et d'infîi-mité. Ainsi il voulait montrer, par sa crainte, qu'il était comme nous sensible aux douleurs ; et faire voir, par sa constance, qu'il savait bien modérer tous ses mouvements et les faire céder comme il lui plaisait à la volonté de son Père. Cette