Cant., I. 12. (Cf. Lâchât, t. IX. ]i. T
ce un mari, est-ce un fils? Ha! vous ne le perdrez pas pour le déposer en ses mains ; il rendra le tout au centuple. Marie reçoit plus qu'elle ne lui donne. Dieu lui rendra bientôt ce fils bien-aimé, et en attendant, Chrétiens, en le lui ôtant pour trois jours, il lui donne pour la consoler tous les chrétiens pour enfants : c'est par où je m'en vais conclure.
[Troisième Point.]
C'est au disciple bien-aimé de notre Sauveur, c'est au cher fils de la sainte Vierge et au premier-né des enfants que ^ Jésus-Christ, son fils, lui donne à la croix, de vous représenter les mystères de cette fécondité merveilleuse ; et il le fait aussi dans l'Apocalypse par une excellente figure. // parut, dit-il, un grand signe an ciel: une femme environnée du soleil, qui avait la lune à ses pieds et la tête couronnée d^étoiles', et elle faisait de grands cris dans le travail de U enfantement^. Saint Augustin nous assure, dans le livre du Symbole aux catéchumènes, que cette femme, c'est la sainte Vierge * ; et il serait aisé de le faire voir par plusieurs raisons convaincantes. Mais de quelle sorte expliquerons-nous cet enfantement douloureux " ? Ne savons-nous pas. Chrétiens, puisque c'est la foi de l'Église, que Marie a été exempte de cette commune malédiction de toutes les mères, et qu'elle a enfanté sans douleur comme elle a conçu sans corruption ? Connnent donc démêleronsnous ces contrariétés apparentes?
C'est ici qu'il nous faut entendre deux enfantements de Marie : [p. 14] elle a enfanté Jésus-Christ, elle a enfanté les fidèles; c'est-à-dire elle a enfanté l'innocent, elle a enfanté les pécheurs. Elle enfante l'innocent sans peine ; mais il fallait qu'elle enfantât les pécheurs parmi les douleurs et les cris : et vous en serez convaincus, si vous considérez attentivement à quel prix elle les achète. Il faut qu'il lui en coûte son Fils unique ; elle ne peut