‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 310 sur 397 · Var. : servira plutôt à lui re · texte numérisé non relu

Var. : servira plutôt à lui re

que l'occasion, le mauvais exemple, ou l'ardeur de la jeunesse te presse, n'oublie pas les gémissements de ta mère : Ne ohliviscaris. Souviens-toi des pleurs de Marie, [p. 16] souviens- toi des douleurs cruelles dont tu as déchiré son cœur au Calvaire, laisse-toi émouvoir au cri d'une mère. Misérable, quel [le] est ta pensée^? Veux-tu élever une autre croix pour y attacher Jésus- Christ? veux-tu faire voir à Marie son fils crucifié encore une fois? veux-tu couronner sa tête d'épines, fouler aux pieds à ses yeux le sang du Nouveau Testament, et par un si horrible^ spectacle rouvrir encore toutes les blessures de son amour maternel ?

A Dieu ne plaise, mes Frères, que nous soyons si dénaturés ■ ! laissons-nous émouvoir au cri d'une mère. Mes enfants, dit-elle, jusques ici je n'ai rien souffert, je compte pour rien toutes les douleurs (|ui m'ont affligée à la croix : le coup que vous nie donnez par vos crimes, c'est là véritablement celui qui me blesse. J'ai vu mourir mon fils bien-aimé ; mais, comme il souffrait pour votre salut, j'ai bien voulu l'immoler moi-même ; j'ai bu cette amertume avec joie. Mes enfants, croyez-en mon amour: il me semble n'avoir pas senti * cette plaie, quand je la compare aux douleurs que me donne votre impénitence. Mais quand je vous vois sacrifier vos âmes à la fureur de Satan ; quand je vous vois perdre le sang de mon fils en rendant sa grâce inutile, faire un jouet de sa croix par la profanation de ses sacrements, outrager sa miséricorde en abusant si longtemps de sa patience; quand je vois que vous ajoutez" l'insolence au crime, qu'au milieu de tant de péchés vous méprisez le remède de la pénitence, ou que ^ous le tournez en poison par vos rechutes continuelles, amassant sur vous des trésors de haine et de fureur éternelle par vos cœurs endurcis et impénitents; c'est alors, c'est alors que je me sens frappée jusqu'au vif; c'est là, mes enfants, ce qui me perce le cœur, c'est ce qui m'arrache les entrailles.

1. Yar. : Que veux-tu faire "? 4. Var. : je n"ai presque pas senti

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