Var. : triste. — je crois n'avoir presque pas
ii. Var. : Ha ! mes Frères, ne le 5. Var. : quand je vous vois ajou-
faisons pas. ter.
Voilà, mes Frères, si vous l'entendez, ce que vous dit Marie au Calvaire. C'est de ces cris, c'est de ces paroles que vous entendrez retentir ^ tous les coins de cette montagne, si vous y allez durant ces saints jours. C'est en ce lieu que je vous invite, dans ce temps sacré" de la Passion... ^.
Seconde rédaction de la p. 468. La première est effacée. Ce n'est pas vue variante, à proprement parler. Nous la donnons toutefois à titre de renseignement. On verra que Vavtevr a été bien inspiré de renoncer à toutes les considérations oiseuses, pour aller droit à son bî/f da7is son texte définitif. Il disait d'abord :
« Pour bien entendre cette vérité, il importe que nous comprenions ce que c'est que d'un coeur de mère {rar. : Pour en entendre la force, remontons. Messieurs, jusques au principe); et encore que la nature ne fasse rien dans toutes les autres qui puisse égaler les transports de la divine Marie, il servira pour notre sujet de considérer tout ce qui s'y passe. Mais pour cela, ce n'est pas assez (var. : il ne suffit pas) de dire seulement qu'une mère est tendre : qui ne le voit par expérience ? Il faut prendre une idée plus vive de ces mouvements merveilleux ; et nous en verrons aisément la force, si (var. : et si) nous remontons jusques au principe, pour y rechercher de plus loin quelle est Pintention de la nature dans les sentiments qu'elle inspire aux mères. Donc, Messieurs, son intention, ou plutôt de celui qui la gouverne, c'est d'unir si étroitement la mère à l'enfant que ce ne soit presque qu'une même chose : et voilà le but auquel elle vise (var. : qu'elle se propose). Regardez maintenant comme elle l'atteint. Et d'abord, ne voyez-vous pas que le premier soin de la nature, c'est d'attacher l'enfant au sein de la mère, et les démarches qu'elle fait pour s'y avancer ? (var. : Regardez maintenant comme elle y arrive. Elle commence premièrement par l'attacher au sein de la mère.) Elle veut que la nourriture et la vie passe par les mêmes canaux à l'un et à l'autre, ils courent ensemble les mêmes périls, et ce n'est qu'une même personne. Voilà ime liaison bien étroite. Mais peut-être pourrait-on se persuader (var. : Mais ne vous persuadez pas) que l'enfantement désunisse ce que la nature a si bien lié, et que l'enfant, en venant au monde, rompe les liens dj cette union. Non, il n'en est pas de la sorte : la nature s?ge et prévoyante y a pourvu par d'autres moyens. Quand cette première union finit, elle en fait naître une autre en sa place, qui est celle de l'amour et de la tendresse. La mère les porte d'une autre façon ; et les enfants, sortant des entrailles, commencent
L Var. : résonner. sternatiou des disciple.e, les cris des
2. Ou lit à la suite de ces mots femmes pieuses, la voix des blasphè-
une phrase inachevée : (( C'est là que mes que vomissent les Juifs, celle
le sang et les larmes, les douleius du larron qui demande pardon, celle
cruelles du Fils, la compassion de la du sang... ii
Mère, la rage des ennemis, la con-
aussitôt à tenir beaucoup plus au cœur. En effet, nous voyons, mes Frères, que jusqu'au terme de raccouchement. elles n'ont pas encore pour eux cet enif)ressement maternel ; quoiqu'elles les aient déjà conçus, ni elles ne les comptent parmi leurs enfants, ni elles ne croient leur famille accrue ; et le désir qu'elles ont de les conserver vient plutôt d'une précaution qui regarde le soin de leur propre vie que d'une tendresse qu'elles ressentent pour ces enfants inconnus, qui ne leur sont encore qu'à charge, bien loin de leur donner aucunes douceurs. Et cela pour quelle raison, si ce n'est que l'amour de mère ne doit naître qu'avec l'enfant, et que tant que le fruit est imparfait, l'affection n'est aussi qu'à demi-formée r Mais sitôt que l'enfant est né, sitôt qu'on le présente aux yeux de la mère, elle prend bien d'autres sentiments. Elle sent, dit le Fils de Dieu (Joan., xvi, 21), une joie soudaine qui lui fait oublier toutes ses douleurs : Xon meminit pressune propter fjaiidium : et d'où lui vient cette joie: C'est peut-être de voir son travail fini (var. : de voir finir son travail), ou d'être délivrée d'un si grand péril ? Tout cela y contribue, je n'en doute pas ; mais le Fils de Dieu en touche une cause et plus tendre et plus délicate : ce C'est, dit-il, qu'elle a mis un homme au monde : Quia natus est homo in inundum »; c'est que l'amour maternel vient tout à coup lui gagner le cœur, et lui fait sentir qu'elle est mère. Elle ne le sentait auparavant que par les douleurs; elle s'en aperçoit (var. : le sent) maintenant d'une autre façon, et elle le sent (var. : s'aperçoit qu'elle est mère) par une-secrète douceur qui la saisit (var.: qui saisit son cœur), en voyant son fils, dans lequel elle croit revivre. Voilà la conduite de la nature, voilà l'adresse dont elle se sert pour unir la mère avec les enfants, et empêcher qu'elle s'en sépare (var. : pour faire qu'ime mère ne se sépare jamais de son fils) . Elle ne décharge les entrailles de ce fardeau que dans le dessein d'en charger le cœur (var. : qu'à condition que le cœur s'en chargera) ; l'ànie lei reprend par l'affection en même temps que le corps les quitte ; et qui \erra les empressements et les tendres inquiétudes des mères, il jugera sans difficulté (jue leurs enfants tiennent encore bien avant en elles. Mais, Chrétiens, vous l'entendrez mieux, si je vous en donne im exemple ; et avant que de vous montrer le dernier effort de l'affection maternelle en la personne de la sainte ^'ierge, il est bon qu'un peintre sacré vous en fasse voir une ébauche en la personne d'une autre mère (var. : en la personne de la Chananée) . Jetez donc ies yeux sur la Chananée. ^*oyez cette mère éplorée, qui se prosterne (var. : se jette) aux pieds du .Sauveur, et lui recommande avec larmes sa fille tourmentée du malin esprit: « Ayez pitié de moi, ô Fils de David, car ma fille est affligée par le démon : Miserere mei, Fili David, filia mea maie a dsemonio vexatur. » (ms. : quia filia mea...) Tout son discours consiste en (var. : Elle ne dit que) deux mots... w
Ene première rédaction (p. 47-i), du moins à en jujcr par la comparaison des variantes, a été préférée au texte par les éditeurs : a On surmonte premièrement les afflictions lorsqu'on dis-
490 POUR LA FÊTE DE LA COMPASSION DE LA s" VIERGE.
sipe toute sa tristesse, et qu'on en perd tout le sentiment {var. : qu'on perd le sentiment de son mal). La douleur est passée, et l'on jouit d'un parfait repos ; on est parfaitement consolé. (Cette phrase est une addition interlinéaire.) On les surmonte secondement, lorsque l'âme encore agitée et troublée du mal qu'elle sent (var.: du sentiment de son mal), ne laisse pas de le supporter avec patience (car. : de s'y résoudre.) Elle se résout, mais elle est troublée (nouvelle addition marginale). On les surmonte, en troisième lieu, lorsqu'on ressent toute la douleur, et qu'on n'en ressent aucun trouble. C'est ce qu'il faut mettre dans un plus grand jour. Au premier de ces trois états, toute la douleur est passée, et l'on jouit d'un parfait repos : Je suis rempli de consolation, je nage dans la joie, dit saint Paul, au milieu des afflictions ; une joie divine et surabondante semble m'en avoir ôté tout le sentiment. Au second, l'on combat la douleur avec patience ; mais, dans un combat si opiniâtre, quoique l'âme soit victorieuse, elle ne peut pas être sans aaritation. a ^4» contraire, dit Tertullien, elle s'agite elle-même par le grand effort qu'elle fait pour ne se pas émouvoir : » {var. : elle s'émeut elle-même par l'effort qu'elle fait pour ne s'émouvoir pas. — Lâchât : elle se meut... ne se mouvoir pas. — Autre var.: elle s'agite elle-même par le grand effort qu'elle fait pour ne se pas agiter :) In hoc tamen mota ne moveretur : « et quoique la faiblesse ne l'abatte pas, elle s'agite par sa résistance, et sa fermeté même l'ébranlé par sa propre contention : Ipsa constantia conciissa est adrersus inconstantise concussionem. i> (Tertull.. De Anima, n. 10.) Mais il y a encore un troisième état, où Dieu donne une telle force contre la douleur, qu'on en souffre la violence sans que la tranquillité soit troublée. Si bien que, dans le premier de ces trois états, il y a tranquillité qui bannit toute la douleur (var. : tranquillité sans douleur); dans le second, douleur qui empêclie la tranquillité ; mais le troisième les unit tous deux, et joint... » — On peut, en somme, hésiter entre ces deux rédactions.