‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 322 sur 397 · Var. : les autres. rant, en mourant, tu couvriras · texte numérisé non relu

Var. : les autres. rant, en mourant, tu couvriras

ÔOG l'Oril LA FÊTE

pouvons souffrir, nous [)ouvoiis mourir ; mais nous ne pouvons pas trahir riiVangile et dissimuler ce que nous savons : Non possuuïus eu qux vidimus et (tudiviiims non loqiii \

\ oilà, Messieurs, quels étaient nos pères; tel est l'esprit du christianisme, esprit de fermeté et de résistance, qui se met au-dessus des présents du monde, au-dessus de sa haine la plus animée^, au-dessus de ses menaces les plus terribles. C'est par cet esprit généreux que l'Église a été fondée ; c'est dans cet esprit qu'elle s'est nourrie : Chrétiens, ne l 'éteignez pas : Spiritinn nolite exstinguerc. Quand on tâche de nous détourner de la droite voie du salut ', quand le monde nous veut corrompre par ses dangereuses faveurs et par le poison de sa complaisance, pourquoi n'osons-nous résister? Si nous nous vantons d'être chrétiens, pourquoi craignons-nous'^ de déplaire aux hommes? et que [p. 9] ne disons-nous avec les apôtres ce généreux Nous ne pouvons pas? Mais l'usage de cette parole ne se trouve plus parmi nous. Il n'est rien que nous ne puissions pour satisfaire notre ambition et nos passions déréglées. Ne faut-il que ti'ahir notre conscience, ne faut-il qu'abandonner nos amis, ne faut-il que violer les plus saints devoirs que la religion nous impose, Possumus, nous le pouvons; nous pouvons tout pour notre fortune ; nous pouvons tout pour nous agrandir ; mais s'il faut servir Jésus-Christ, s'il faut résoudre de nous séparer de ces objets qui nous plaisent trop, s'il faut rompre ces attachements et briser " ces liens trop doux, c'est alors que nous commençons de ne rien pouvoir : « Non possumus : Nous ne pouvons pas. » Que sert donc de dire aujourd'hui à la plupart de mes auditeurs: N'éteignez pas Vesprit de la grâee? Il est éteint, il n'y en a plus; cet esprit de fermeté chrétienne ne se trouve plus dans le monde ^ : c'est pourquoi les vices ne sont pas repris ; ils triomphent, tout leur apjilaudit, et de ce grand feu du christianisme, qui autrefois a embrasé tout le monde, à peine en reste-t-il

Page 1