‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 324 sur 397 · De Coronu, n. 11. ?>. Var. : que je serve Uieu · texte numérisé non relu

De Coronu, n. 11. ?>. Var. : que je serve Uieu

"2. Var. : que je vive. -I. De Corona. ii. 1 1 .

dire la douceur et le grand courage, dépendent de complexions différentes; soit que ces hommes nourris aux alarmes, étant accoutumés de longtemps à n'être pas alarmés' de leurs périls, ni abattus de leurs propres maux, ne puissent pas être aisément émus de" tous les autres objets qui les frappent ; nous voyons assez ordinairement que ces forts et ces intrépides prennent dans les [p, 10] hasards de la guerre je ne sais quoi de moins doux et de moins sensible, pour ne pas dire de plus dur et de plus rigoureux.

Mais il n'en est pas de la sorte de nos généreux chrétiens : ils sont fermes contre les périls, mais ils sont tendres à aimer leurs frères ; et l'Esprit tout-puissant qui les pousse sait bien le secret d'accorder de plus opposées^ contrariétés. C'est pourquoi nous lisons dans les Écritures que le Saint-Esprit forme les fidèles de deux matières bien différentes. Premièrement il les fait d'une matière molle '^, quand il dit par la bouche d'Ezéchiel : « Daho vohis cor carneurn ^ : Je vous donnerai un cœur de chair ; » et il les fait aussi ^ de fer et d'airain, quand il dit à Jérémie : « Je t'ai mis comme une colonne de fer et comme une muraille d'airain : DeiJi te in columnam ferrcam et in muruni sercum\ » Qui ne voit qu'il les fait d'airain, pour résister à tous les périls ; et qu'en même temps il les fait de chair, pour être attendris par la charité ? Et de même que ce feu terrestre partage tellement sa vertu qu'il y a des choses qu'il fait plus fermes, et qu'il y en a d'autres qu'il rend plus molles, il en est à peu près de même de ce feu spirituel qui tombe aujourd'hui. Il affermit et il amollit, mais d'une façon extraordinaire, puisque ce sont les mêmes cœurs des disciples, qui semblent être des cœurs de diamant par leur fermeté invincible, qui deviennent des cœurs humains et des cœurs de chair par la charité fraternelle. C'est l'effet de ce feu céleste qui se repose aujourd'hui sur eux. Il a amolli les cœurs des fidèles % il les a, pour ainsi dire, fondus : il les a saintement mêlés ; et les

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