‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 325 sur 397 · Var. : de chair · texte numérisé non relu

Var. : de chair

DE LA PENTECOTE. * 509

faisant couler les uns dans les autres, par la communication de la charité, il a composé de ce beau mélange cette merveilleuse unité de cœur ^ qui nous est représentée en ces mots dans les Actes : « Mitltifudini:^ autcin credentium crat cor umim et anima una" : Dans toute la société des fidèles, il n'y avait qu'un co'ur et une âme '\ » C'est ce qu'il nous faut expliquer.

Je pourrais développer en ce lieu les principes très relevés de cette belle théologie qui nous enseigne que le Saint-Esprit étant le lien éternel du Père et du Fils, c'est à lui qu'il appai'tenait d'être le lien de tous les fidèles ^ ; et qu'ayant une force d'unir infinie, il les a unis en efïet d'une manière encore plus étroite ^ que n'est celle qui assemble les parties du corps. Mais supposant ces vérités saintes, et ne vouhmt pas entrer aujourd'hui dans cette haute théologie, je me réduis à vous propose)une maxime très fructueuse de la chaiité chrétienne, qui résulte de cette doctrine : c'est qu'étant jjersuadés par les Écritures que nous ne sonnnes qu'un même corps par la charité, nous devons nous regarder, non pas en nousmêmes, mais dans l'unité de ce corps, et diriger par cette pensée toute notre conduite à l'égard des autres. Ex- )iliquons ceci plus distinctement, par l'exemple de cette Église naissante qui fait le sujet de tout mon discours.

Je remarque donc dans les Actes, où son histoire nous est rapportée, deux espèces de multitude. Quand le Saint-Esprit descendit, il se fit premièrement une multitude assemblée par le bruit et par le tumulte. On entend [p. 11] du bruit, on s'assemble; mais quelle est cette multitude? Voici comme l'appelle le texte sacré, « une multitude confuse : Convenit inidtitudo et mente confnsa r,st''. » Toutes les pensées y sont différentes: les uns disent : Qu'est-ce que ceci? les autres en font une raillerie : Ih sont iiires ; ils ne le sont pas : voilà une multitude confuse. A'Iais je vois, quelque temps après, une multitude bien autre, une multitude tranquille, une multitude ordonnée, où tout conspire au même dessein ;

1. Var. : cette unité de cœur cliré- 4. Var. : d'unir entre eux tous les tien. chrétiens.

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