Act., TV, .H2. ô. Var. : en effet il le.« a unis d'une
3. Var. : qu'un même cœur et une manière bien plus étroite. même âme. (î. Act., il, 6. 12, li>.
« où il n'y a qu'un cœur et qu'une âme : Mnltitudinis credentium erat cor unum et anhna una. » D'où vient, mes Sœurs, cette différence? C'est que, dans cette première assemblée, chacun se regarde en lui-même, et prend ses pensées ainsi qu'il lui plaît, suivant les mouvements dont il est poussé : de là vient qu'elles sont diverses, et il se fait une multitude confuse, multitude tumultueuse. Mais, dans cette muUitude des nouveaux croyants, nul ne se regarde connue détaché, on se considère comme dans le corps où l'on se trouve avec les autres ; on prend un esprit de société, esprit de concorde et de paix : et c'est l'esprit du christianisme qui fait une multitude ordonnée, où il n'y a qu'un cœur et inie âme.
Qui j)Ourrait vous dire, mes Sœurs, le nombre infini d'effets admiraljles que produit cette belle considération par laquelle nous nous regardons, non pas en nousmêmes, mais en l'unité de l'Église? Mais parmi tant de giands effets, je vous prie, retenez-en deux, (jui feront le fruit de cet entretien : c'est c^u'elle extermine deux vices qui sont les deux pestes du christianisme, l'envie et la dui'eté : l'envie, qui se fâche du bien des autres; la dureté, qui est insensible à leurs maux ^ : l'envie, (jui nous pousse à ruiner nos frères, et l'esprit d'intérêt", qui nous rend coupables de la misère qu'ils souffrent, par un refus cruel de la soulager^.
Et premièrement. Chrétiens, la malignité de l'envie n'est pas capable de troubler^ les âmes qui savent bien se considérer dans cette unité de l'Église ; [p. 12] et la raison en est évidente : car l'envie^ ne naît en nos cœurs que du sentiment de notre indigence, lorsque 7TOUS voyons dans les autres ce que nous croyons c^ui nous manque. Or si nous voulons nous considéier dans cette unité de l'Eglise, il ne reste plus d'indigence; nous nous y trouvons infiniment riches, par conséquent l'envie est éteinte. Celle-là, dites-vous, a de grandes grâces; elle a des talents extraordinaires pour la conduite spiri-