‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 328 sur 397 · il .hmii. tract, xxxii, n. (<. d'éloigner Fenvie · texte numérisé non relu

il .hmii. tract, xxxii, n. (<. d'éloigner Fenvie

i. Var. : Toile invidiam : seule- 3. fit Joan. tract. XXXII, n. 8.

ment, dit saint Augustin, ayons soin 4. Var. : et tout est h vous.

j'en veux même jouir avec vous dans l'unité du corps de l'Église. L'envie seule nous peut rendre pauvres, parce qu'elle seule nous peut priver de cette sainte communication ^ des biens de l'Église.

[P. 13] Mais si nous avons la consolation de participer aux biens de nos frères, quelle serait notre dureté si nous ne voulions pas ressentir leurs maux ! Et c'est ici qu'il faut déplorer le misérable état du christianisme. Avons-nous jamais ressenti que nous sommes les membres d'un corps? Qui de nous a langui avec les malades? qui de nous a pâti avec les faibles? qui de nous a souffert avec les pauvres? Quand je considère, Fidèles, les calamités qui nous environnent, la pauvreté, la désolation, le désespoir de tant de familles ruinées, il me semble que de toutes parts il s'élève un cri de misère à l'entour de nous, qui devrait nous fendre le cœur, et qui peut-être ne frappe pas nos oreilles. Car, ô riche superbe et impitoyable, si tu entendais cette voix, pourrait-elle pas obtenir de toi quelque retranchement médiocre des supei'fluités de ta table ? pourrait-elle pas obtenir qu'il y eût quelque peu moins d'or dans ces riches ameublements dans lesquels tu te glorifies? Et tu ne sens pas, misérable, que la cruauté de ton luxe arrache l'âme à cent orphelins, auxquels la providence divine a assigné la vie sur ce fonds !

Mais peut-être que vous me direz qu'il se fait des chai'ités dans l'Église. Chrétiens, quelles charités? quelques misérables aumônes, faibles et inutiles secours d'une extrême nécessité, que nous répandons d'une main avare, comme une goutte d'eau sur un grand brasier, ou une mie ' de pain dans la faim extrême. La charité ne donne pas de la sorte : elle donne libéralement, parce qu'elle sent la misère, parce qu'elle s'afflige avec l'affligé, et que, soulageant le nécessiteux, elle-même se sent allégée^. C'est ainsi qu'on vivait dans ces premiers temps où j'ai tâché aujourd'hui de vous rappeler. Quand on voyait un pauvre en l'Église, tous les fidèles étaient touchés ; aussitôt chacun s'accusait soi-même, chacun

1. Var. : ôter cette sainte eomniii- :>. Var. : elle sent (jii'elle se sonnication. lage elle-même.

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