‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 329 sur 397 · Mie, très petite parcelle, miette · texte numérisé non relu

Mie, très petite parcelle, miette

DE LA PENTECOTE. 513

regardait la misère de ce pauvre membre affligé comme la honte de tout le corps, et comme un reproche sensible de la dureté des particuliers : c'est pourquoi ils mettaient leure biens en commun, de peur que personne ne fût coupable de l'indigence de l'un^ de ses frères^. Et Ananias^ ayant méprisé cette loi, que la charité avait imposée, il fut puni exemplaii-ement comme un infâme et comme un voleui", quoiqu'il n'eût retenu que son propre bien : de là vient qu'il est nommé par saint Clirysostome « le voleur de son propre bien : rerum siiarum fur^. » Tremblons donc, tremblons, Chrétiens; et étant imitateurs de son crime, appréhendons aussi son supplice. Et que Ton ne m'objecte pas que nous ne sonmies plus tenus à ces lois, puisque cette communauté ne subsiste plus ; car quelle est la honte de cette parole ! Sommes-nous encore chrétiens, s'il n'y a plus de communauté entre nous " ? Les biens ne sont plus en commun, mais il sera toujours véritable que la charité est commune, que la charité est compatissante, que la cliarité regarde les autres. Les biens ^ ne sont donc plus en commun par une commune possession, mais ils sont encore en commun par la communication de la charité ; et la providence divine, en divisant les richesses ' aux particuliers, a trouvé ce nouveau secret de les remettre

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