Il lui a été donné par l'abbé en fac-similé
Bautain. qui l'avait reçu de M. Gos- 2. Il manque sans doute un court
sin, en 1843, à titre de remercîment avant-propos, écrit sur quelque
poiu- \m sermon de charité en fa- feuille volante. Là, Bossuet devait
veur de l'œuvre de saint François exposer en quelques mots le but de
Régis. L'Histoire de Jailli/, par Toraison funèbre. (Ci . Oraison fu-
Ch. Hamel. (Paris, 1868, in-8) en ni-bre de M"" Yolande de Monte-rhy,
donne une reproduction complète plus haut. p. 2i)ti.)
actions de messirc Henri de Gornay, chevalier, seigneur de Talange, de Coin-sur-Seille \ que la mort nous a ravi depuis peu de jours; où, rejetant loin de mon esprit toutes les considérations profanes et les bassesses honteuses de la flatterie, indignes de la majesté du lieu où je parle et du ministère sacré que j'exerce, je m'arrêterai à vous proposer trois ou quatre réflexions tirées des principes du christianisme, qui serviront, si Dieu le permet, pour l'instruction de tout ce peuple, et pour la consolation particulière de ses parents et de ses amis.
Quoic[ue Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant d'une même boue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité, ni s'accommoder à la loi qui nous a été imposée de les regarder tous comme nos semblables. De là naissent ces grands eff^orts que nous faisons tous pour nous séparer du commun, et nous mettre en un rang plus haut, par les charges ou par les emplois, par le crédit ou par les richesses. Que si nous pouvons obtenir ces avantages extérieurs, que la folle ^ ambition des honuiies a mis à un si grand prix, notre cœur s'enfle tellement que nous regardons tous les autres comme étant d'un ordre inférieur à nous ; et à poine nous reste-t-il quelque souvenir de ce qui nous est commun avec eux.
Cette vérité importante, et connue si certainement par l'expérience, entrera plus utilement dans nos esprits, si nous considérons avec attention trois états où nous passons tous successivement ; la naissance, le cours de la vie, sa conclusion par la mort. Plus je remarque de près la condition de ces trois états, plus mon esprit se sent convaincu que, quelque apparente inégalité que la fortune ait mise entre nous, la nature n'a pas voulu qu'il y eût grande différence d'un homme à un autre.
Et premièrement, la naissance a des marques indubitables de notre commune faiblesse. Nous commençons tous [p. 2] notre vie par les mêmes infirmités de l'enfance : nous saluons tous, en entrant au monde, la lumière du jour par nos pleurs ^ ; et le premier air que