‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 339 sur 397 · Bossuet écrit : Couyn. Coin- '2. Ms. : foie · texte numérisé non relu

Bossuet écrit : Couyn. Coin- '2. Ms. : foie

sur-Seille est sur la paroisse de .">. Sap., vu, 3.

(îuvry, à deux lieues de Metz.

1)K IIKMîI DE CJORNAV. 527

nous respirons, nous sert à tous indifféremment à former ^ des cris. Ces faiblesses de la nair^sance attirent sur nous tous généralement une même suite d'infirmités dans tout le progrès de la vie ; puisque les grands, les petits et les médiocres vivent également assujettis aux mêmes nécessités naturelles, exposés aux mêmes périls, livrés en proie aux mêmes maladies. Enfin, après tout arrive la mort, qui, foulant aux pieds l'arrogance humaine, et abattant sans ressource toutes ses grandeurs imaginailes, égale ' pour jamais toutes les conditions différentes })ar lesquelles les ambitieux croyaient s'être mis audessus des autres : de sorte" qu'il y a beaucoup de raison de nous comparer à des eaux courantes, comme fait l'Écriture sainte^. Car de même que, quelque inégalité qui paraisse dans le cours des rivières qui arrosent la surface de la terre, elles ont toutes cela de conniiun, qu'elles viennent d'une petite origine ; que, dans le progrès de leur course, elles roulent leurs flots en bas par une chute continuelle, et qu'elles vont enfin perdre leurs noms avec leurs eaux dans le sein immense de l'Océan, où l'on ne distingue point le Rhin, ni le Danube, ni ces autres fleuves renommés d'avec les rivières les plus incoiuiues : ainsi tous les hommes commencent par les mêmes infirmités ; dans le progrès de leur âge, les années se poussant ^ les unes les autres comme des flots, leur vie roule et descend sans cesse à la mort par sa pesanteur naturelle ; et enfin, après avoir fait, ainsi que des fleuves, un peu plus de bruit les uns que les autres, ils vont tous'' se confonth-e dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes, ni capitaines, ni tous ces autres augustes noms qui nous séparent les uns des autres ; mais la corruption et les vers, la cendre et la pourriture qui nous égalent, [p. 3] Telle est la loi de la nature et l'égalité nécessaire à laquelle elle soumet tous les honnnes dans ces trois états remarquables, la naissance, la durée, la mort.

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