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réneroie, toute la substance du principe qui la produit. Et c^est pourquoi, dit Tertullien, nous Vappelons Fils de Dieu, à cause de Vunité de substance. Après, il compare le Fils de Dieu au rayon que la lumière produit sans rien diminuer de son être, sans rien perdre de son éclat ; et il conclut qu'il est sorti de la tige, mais qu'il ne s'en est pas retiré : Non recessit, scd eiccssit. O Dieu ! mon esprit se confond ; je me perds, je m'abîme dans cet océan ; mes yeux faibles et languissants ne peuvent plus supporter un si grand éclat \ Reprenons, Fidèles, de nouvelles forces, en reposant un peu notre vue sur des objets qui soient plus de notre portée.
Sainte société des fidèles, Église remplie de l'Esprit de Dieu, chaste épouse de mon Sauveur, vous représentez sur la terre la génération du Verbe éternel dans votre bienheureuse fécondité. Dieu engendre, et vous engendre [z] : Dieu, comme nous avons dit, engendre en lui-même ; sainte Église, où engendrez-vous vos enfants? Dans votre paix, dans votre concorde, dans votre unité, dans votre sein et dans vos entrailles. Heureuse maternité de l'Église! Les mères que nous voyons sur la terre conçoivent, à la vérité, leur fruit en leur sein; mais elles l'enfantent* hors de leurs entrailles : au contraire la sainte Église ; elle conçoit hors de ses entrailles, elle enfante dans ses entrailles. Un infidèle vient à l'Église, il demande d'être associé avec les fidèles : l'Église l'instruit et le catéchise; il n'est pas encore dans son sein, il n'est point encore en son unité : elle n'enfante pas encore, mais elle conçoit. Ainsi elle ne conçoit pas en son sein. Aussitôt qu'elle nous enfante, nous commençons à être en son unité. C'est ainsi que vous engendrez, sainte Église, à l'imitation du Père éternel. Engendrer, c'est incorporer ; engendrer vos enfants, ce n'est pas les produire au dehors de vous; c'est en faire un mêine corps avec vous. Et comme le Père engendrant son Fils le fait un même Dieu avec lui ; ainsi les enfants que vous engendrez, vous les faites ce que vous êtes, en
1. Cette admirable traur^ition est Jésus-Christ avant tous les temps Comme un essai de ce qu'on lira peut-il être l'objet de nos connaisdans les Elévations ( XII^ Seiii.. sauces?... » (Yoy. toute cette Elé- VII) : « Où vais-je me perdre? dans vation. et principalement la fin.) quelle profondeur? dans quel abime? 2. A''ar. : l'engendrent.
formant Jé.su.s-("hri.st en eux. Et connue le Père engendre le Fils en lui communiquant son même être \ ainsi vous engendrez vos enfants en leur communiquant cet être nouveau que la grâce vous a donné en Notre-Seigneur Jésus-Christ : Ut sint unum sicut et nos. Ce que je dis du Père et du Fils, je le dis encoi-e du Saint-Esprit, qui sont trois choses, et la même chose. C'est pourquoi saint Augustin dit : « En Dieu il y a nombre, en Dieu il n'y a point de nombre : quand vous comptez les trois i)ersonnes, vous vo3'ez un nombre ; quand vous demandez ce que c'est, il n'y a plus de nombre : on répond que c'est un seul Dieu. Parce qu'elles sont trois, voilà comme un nombre ; quand vous recherchez ce qu'elles sont, le nombre s'échappe; vous ne trouve[z] plus que l'unité simple : Quia trea sunt, tanquam est mimerus ; si qiiœris quid très, non est nnmerus'. » Ainsi en est-il de l'Église : comptez les fidèles, vous voyez un nombre ; que sont les fidèles? il n'}- a plus de nombre : ils sont tous un même corps en Notre-Seigneur: « Il n'y a plus ni Grec, ni Barbare, ni Romain, ni Scythe ; mais un seul Jésus-Christ qui est tout en nous^: Z^t sint union sicnt et nos'^. »
[Second Point.]
Contemplons dans les Écritures comment le Fils et le Saint-Esprit reçoivent continuellement en eux-mêmes la vie et l'intelligence du Père ; et premièrement pour le Fils, voici comme il parle dans son Évangile (en saint Jean, chapitre v) : En vérité, en vérité, je vous le dis, Je Fils ne peut rien faire de lui-mêyne, et il ne fait que ce qu'il voit faire à son Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils le fait semhlahlement : car le Père aime le Fils, et il lui montre tout ce qu^il fait". Quand nous entendons ces paroles, aussitôt notre faible imagination se représente le Père opérant, et le Fils regardant ses œuvres, à peu près comme un apprenti qui s'instruit en voyant travailler son maître ; mais, si nous voulons
I. Sou mi' me être, y^on être même. 4. Pas de transition. Une ]>Hitie
'2. In Joai).^ Tract, xxxix. n. 4. de la feuille est demeurée en blanc.
:î. Colo.-^s.. III, 11. • 5. Joau., V, 10, 20.
entendre les secrets divins, détruisons ces idoles vaines et charnelles^ que l'accoutumance des choses humaines élève dans nos cœurs ; détruisons, dis-je, ces idoles par le foudre " des Écritures. Si le Père agissait premièrement, et que le Fils le regardât faire, et après, qu'il agît lui-même à l'imitation de son Père, il s'ensuivrait nécessairement que leurs opérations seraient séparées. Or nous apprenons par les Écritures que tout ce que le Père fait, est fait par son Fils : « Omnia per Ipsum facta sunt, et sine ipso factum est nihil ^ : Par lui toutes choses ont été faites, et sans lui rien n'a été fait. » Omnia per ipsum facta sunt : et c'est pourquoi il nous dit lui-même: Tout ce que le Père fait, le Fils le fait semhlahlemcnt. Si le Fils fait tous les ouvrages que fait son Père, leurs actions ne peuvent point être séparées ; et il ne se contente point de nous dire qu'il fait tout ce que fait le Père ; mais tout ce que fait le Père, dit-il, le Fils le fait semblablement. Les caractères que la main forme, c'est la plume qui les forme aussi ; mais elle ne les forme pas semblablement ; la main les forme comme la cause mouvante, et la plume, comme l'instrument qui est mû. A Dieu ne plaise que nous croyions qu'il en soit ainsi du Père et du Fils! Tout ce que fait le Père, dit Notre-Seigneur, cela même, le Fils le fait semblablement, c'est-à-dire avec la même puissance, avec la même sagesse et par la même opération : Hoc et Filius similiter facit.
D'où vient que vous dites, ô mon Sauveur : Le Fils ne peut rien faire de lui-même, sinon ce qu'il voit faire à son Père, et le Père montre à son Fils tout ce qu'il fait? Quelle est cette merveilleuse manière par laquelle vous contemplez votre Père, par laquelle vous voyez en lui tout ce que vous faites et tout ce qu'il fait? Comment est-ce qu'il vous parle et qu'il vous enseigne? et, puisque vous êtes Dieu comme lui, d'où vient que vous ne faites rien de vous-même? Qui nous développera ces mystères? Écoutons parler le grand Augustin : he Fils, dit-il', ne fait rien de lui-même, parce qu'il n'est pas
1. Yar. : ces vaines idole.*. 4. In Joan.. Tract, xx, n. 4: De
2 Yar. : par la force. Triiilt.. lib. II. n. S.