‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 345 sur 397 · PANEGYRIQUE DE L'APOTRE SAINT JEAN · texte numérisé non relu

PANEGYRIQUE DE L'APOTRE SAINT JEAN

A Metz, 27 décembre 1GÔ8.

Avec M. Gandar, « par conjecture et sous toutes réserves », nous plaçons ici une œuvre dont le manuscrit est égaré, et dont la date précise n'apparaît pas avec évidence. Du moins est-il impossible d'en retarder davantage l'apparition, comme le fait M. Lâchât. Certaines locutions nous auraient plutôt tenté de l'avancer. Mais les auditeurs de Saint-Jean de la Citadelle goûtaient peut-être encore des expressions qui, à Paris, étaient passées de mode. Un peu de rudesse dans la forme ne nuit pas d'ailleurs au pathétique. «Dans la longue suite des discours de Bossuet, dit E. Gandar, il en est que j'admire davantage : il en est peu qui me touchent plus vivement. » (BossueL orateur, p. 222.)

Ego dilecto meo, et ad me conversio ejus.

Je suis à mon bien-aimé, et la pente de son cœur est tournée vers moi.

(Cant., VII, 10.)

Il est superflu, Chrétiens, de faire aujourd'hui le panégyri(|ue du disciple bien-aimé de notre Sauveur. C'est assez de dire en un mot qu'il était le favori de Jésus, et le plus chéri de tous les apôtres. Saint Augustin dit très doctement que « l'ouvrage est parfait lorsqu'il plaît à son ouvrier : Hoc est perfectvm qvod artifici suo placet ^ ; » et il me semble que nous le connaissons par expérience. Quand nous voyons un excellent peintre qui travaille à faire un tableau, tant qu'il tient son pinceau en main, que tantôt il efface un trait, et tantôt il en tire un autre, son ouvrage ne lui plaît pas, il n'a pas rempli toute son idée, et le portrait n'est pas achevé ; mais sitôt qu'ayant fini tous ses traits et i-elevé toutes ses couleurs, il commence à exposer sa peinture en vue, c'est alors que son esprit est content et Cjue tout est ajusté aux règles de l'art ; l'ouvrage est

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