ifatth., xx. 21. n. -2. Apoc. i
PANEGYRIQUE DE l'aPOTRE SAINT JE.\N. 539
le passade à la lumière. Mais voyez encore plus précisément : Ego Joannes, sociiis in tribulatione et regno. Il parle du royaume, mais il parle auparavant de la croix ; il mettait autrefois le royaume devant la croix, maintenant il met la croix la première ; et, après avoir nommé le royaume, il revient incontinent aux souffrances : et patientia. Il craint de s'arrêter trop à la gloire comme il avait fait autrefois.
Mais voyons quelle a été sa croix. Il semble que c'est celui de tous les disciples qui a eu la plus légère. Pour nous détromper, expliquons quelle a été sa croix ; et nous verrons qu'en effet elle a été la plus grande de toutes dans l'intérieur. Apprenez le mystère, et considérez les deux croix de notre Sauveur. I^'une se voit au Calvaire, et elle paraît la plus douloureuse; l'autre est celle qu'il a portée durant tout le cours de sa vie : c'est la plus pénible. Dès le commencement, il se destine pour être la victime du genre humain. Il devait offrir deux sacrifices. Le dernier sacrifice s'est opéré à l'autel de la croix ; mais il fallait qu'il accomplît le sacrifice qui était appelé juge sacrificium ^, dont son cœur était l'autel et le temple. O cœur toujours mourant, toujours percé de coups, brûlant d'impatience de souffrir, qui ne respirait que l'immolation ! Ne croyez donc pas que sa Passion soit son sacrifice le plus douloureux. Sa Passion le console : il a une soif ardente qui le brûle et qui le consume ; sa Passion le rafraîchira ; et c'est peut-être une des raisons pour laquelle il l'appelle une coupe qu'il a à boire, parce qu'elle doit 7-afraîchir l'ardeur de sa soif. En effet, quand il parle de cette dernière croix : « C'est à présent, s'écrie-t-il, que le Fils de l'homme est glorifié : Nunc clarijicatus est'. » C'est ainsi qu'il s'exprime après la dernière Pâque, sitôt que Judas fut sorti du cénacle. Mais s'agit-il de l'autre croix, c'est alors qu'il se sent vivement pressé dans l'attente de l'accomplissement de ce baptême : Baptismo haheo haptizari, et quomodo coarctor^ ! L'un le dilate : Niinc clarificatus est; l'autre le presse: coarctor. r>equel est-ce qui fait