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PANÉCiVlUQUE DE i/aPOTRK SAINT JF.AX. 543
croix les deux personnes qu'il chérit le plus, c'est-à-dire, Marie, sa divine mère, et Jean, son fidèle et son bon ami, qui, remis de ses premières terreurs, vient recueillir les derniers soupirs de son maître mourant poui- notre salut.
Car, je vous demande, mes Frères, pourquoi appeler la très sainte Vierge à ce spectacle d'inhumanité? Estce pour lui percer le cœur et lui déchirer les entrailles? Faut-il ({ue ses yeux maternels soient frappés de ce triste objet, et qu'elle voie couler devant elle, par tant de cruelles blessures, un sang qui lui est si cher? Pourquoi le plus chéri de tous ses disciples est-il le seul témoin de ses souffrances? Avec quels yeux verra-t-il cette poitrine sacrée, sur laquelle il se reposait il y a deux jours, pousser les derniers sanglots parmi des douleurs infinies? Quel plaisir au Sauveur de contemi^ler ce favori bien-aimé, saisi par la vue de tant de tourments et par la mémoire encore toute fraîche de tant de caresses récentes, mourir de langueur au pied de sa croix? S'il l'aime si chèrement, que ne lui épargne-t-il cette affliction? et n'y a-t-il pas de la dureté de lui refuser cette grâce? Chrétiens, ne le croyez pas, et comprenez le dessein du Sauveur des âmes. Il faut que Marie et saint Jean assistent à la mort de Jésus, pour y recevoir ensemble, avec la tendresse du dernier adieu, les présents qu'il a à leur faire, afin de signaler en expirant l'excès de son affection.
IMais que leur donnera-t-il, nu, dépouillé comme il est? Les soldats avares et impitoyables ont partagé jusqu'à ses habits, et joué sa tunique mystérieuse : il n'a pas de quoi se faire enterrer. Son corps même n'est plus à lui: il est la victime de tous les pécheurs; il n'y a goutte de son sang qui ne soit due à la justice de Dieu, son Père. Pauvre esclave, qui n'a plus rien en son pouvoir, dont il puisse disposer par son testament ! Il a perdu jusqu'à son Père, aufiuel il s'est glorifié tant de fois d'être si étroitement uni. C'est son Dieu, ce n'est plus son Père. Au lieu de dire comme auparavant: Tout ce qui est à vous est à moi \ il ne lui dem.ande plus