‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 355 sur 397 · PANÉGYRIQIE DE L 'APOTRE SAINT JEAN · texte numérisé non relu

PANÉGYRIQIE DE L 'APOTRE SAINT JEAN

qu'un regard : Respice in me ; et il ne peut l'obtenir, et il s'en voit abandonné: Quare me (lerelHiuisti^':' Ainsi, de quelque côté qu'il tourne les yeux, il ne voit plus rien qui lui appa7"tienne. Je nie trompe, il voit Marie et saint Jean : tout le reste des siens l'ont abandonné ; et ils sont là pour lui dire : Nous sonunes à vous. Voilà tout le bien qui lui reste, et dont il peut disposer par son testament. Mais c'est à eux (ju'il faut donner, et non pas les donner eux-mêmes. O amour ingénieux de mon Alaître ! Il faut leur donner, il faut les donner. Il faut donner Marie au disciple, et le disciple à la divine Marie. Ego dilecto meo, dit-il. Mon Maître, je suis à vous ; usez de moi comme il vous plaira. ^ oyez la suite : Et ad me conversio ejus '. Fih, dit-il, voilà votre mère. O Jean, je vous donne Marie; et je vous donne en même temps à Marie : Marie est à saint Jean, saint Jean à Marie. \ ous devez vous rendre heureux l'un et l'autre par une mutuelle possession. Ce ne vous est pas un moindre avantage d'être donnés que de recevoir ; et je ne vous enricliis pas plus par le don cjue je vous fais, c^ue par celui que je fais de vous.

Mais, mes Frères, entrons plus profondément dans cet admirable mystère : recherchons par les Écritures C[uelle est cette seconde naissance qui fait saint Jean le fils de Marie, quelle est cette nouvelle fécondité qui rend Marie mère de saint Jean ; et développons les- secrets d'une belle théologie, qui mettra cette vérité dans son jour. Saint Paul, parlant de notre Sauveur après l'infamie de sa mort et la gloire de sa résurrection, en a dit ces belles paroles^ : Noua ne connaissions plus maintenant personne selon la chair; et si nous avons connu autrefois Jésus-Christ selon la chair, maintenant qu'il est mort et ressuscité, nous ne Je connaissons plus de la sorte. Que veut dire cette parole, et (juel est le sens de l'Apôtre? \ eut-il dire que le Fils de Dieu s'est dépouillé, en mourant, de sa chair humaine, et qu'il ne l'a point reprise en sa glorieuse résurrection? Non, mes Frères, à Dieu ne plaise ! Il faut trouver un autre sens

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