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PANÉCmîIQUE DE l'aPOTRE SAINT JEAN. 547
amour avait de tendre et de respectueux pour sa sainte mère vivra maintenant dans le cœur de Jean : c'est lui qui sera le fils de Marie ; et, pour établir entre eux éternellement cette alliance mystérieuse, il leur parle du haut de sa croix, non point avec une action tremblante comme un patient prêt à rendre l'âme, « mais avec toute la force d'un homme vivant, et toute la fermeté d'un Dieu qui doit ressusciter : Plena vlrtute viventis et constaiitia refiurrectiiri^. » Lui, qui tourne les cœiirs ainsi qu'il lui plaît et dont la parole est toutepuissante, opère en eux tout ce qu'il leur dit, et fait Marie mère de Jean, et Jean fils de otarie.
Car qui pourrait assez exprimer quelle fut la force de cette parole sur l'esprit de l'un et de l'autre? Ils gémissaient au pied de la croix, toutes les plaies de Jésus-Christ déchiraient leurs âmes, et la vivacité de la douleur les avait presque rendus insensibles. Mais lorsqu'ils entendirent cette voix mourante du dernier adieu de Jésus, leurs sentiments furent réveillés par cette nouvelle blessure : toutes les entrailles de Marie furent renversées, et il n'y eut goutte de sang dans le cœur de Jean qui ne fût aussitôt émue. Cette parole entra donc au fond de leurs âmes, ainsi qu'un glaive tranchant ; elles en furent percées et ensanglantées avec une douleur incroyable : mais aussi leur fallait-il faire cette violence : il fallait de cette sorte entr 'ouvrir leurs cœurs, afin, si je puis parler de la sorte, d'enter en l'un le respect d'un fils, et dans l'autre la tendresse d'une bonne mère.
Voilà donc Marie mère de saint Jean. Quoique son amour maternel, accoutumé d'embrasser un Dieu, ait peine à se terminer sur un homme, et qu'une telle inégalité semble plutôt lui reprocher son malheur que la récompenser de sa perte, toutefois la parole de son Fils la presse ; l'amour que le Sauveur a eu pour saint Jean l'a rendu un autre lui-même, et fait qu'elle ne croit pas se tromper quand elle cherche Jésus-Christ en lui. Grand et incomparable avantage de ce disciple chéri ! Car de quels dons l'aura orné le Sauveur, pour