‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 361 sur 397 · SUR LA LOI I)L DIEL · texte numérisé non relu

SUR LA LOI I)L DIEL

Dimanche de la (Juinquagésimc. A Paris. lOô'.).

Cette allocution i. qui est ime reprise du sermon sur la Lot de Dieu donne à ^letz en 1653 (cf. t. I, p. 312), fut prononcée à l'aris, probablement dans la communauté des FiUes de la Providence-, établie rue de l'Arbalète au quartier Mouffetard, par Marie Liiniagiie, veuve de M. Pollalion. C'est dans cette communauté que saint ^'incent de Paul choisit les religieuses destinées à fonder celle de l'Union chrétienne, qui fut installée à Cliaronne seulement en 1661.

.Sommaire 3. — La nature a donné des bornes: aux enfants la faiblesse, aux hommes la raison. Le méchant, robnstvs puer. — Posse quod velis, velle quod oportet.

Les hommes acquièrent avec plus de joie qu'ils ne possèdent*.

Coijitavi vias nieas et converti pedeg nieos in testimonia tua.

J'ai étudié mes voies, et enfin j'ai tourné mes pas du côté de vos ^ témoignages.

(Ps. cxviii. .50.)

Si nos actions sont mal composées, s'il nous arrive presque tous les jours, ou de nous tromper dans nos jugements, ou de nous égarer dans notre conduite, l'ex- |)érience nous fait connaître que la cause de ce malheur, c'est que nous ne délibérons pas assez posément de ce que nous avons à faire ; c'est que nous nous laissons

1. M>. fr. 1-2621. t. 41'." et 420. Le- <1e M. Pollalion. Parif, 1744. in-12. 'liture et l'orthographe font la tran- eh. xxvii-xxx : Correspoml . de £os- -ition entre l'époque de Metz et yuef. t. Y. p. 417).

celle de Paris. (Toy. notre Histoire 3. A la suite de celui de l'ancien

critique (le la Prédication de Bosmiet. sennon. f. 417. Cf. t. I, p. 312.

]i. 167.) 4. M. Gandar ajoute : « Yraiephi-

2. liaison-mère de la Propagation. losophie, celle de Jésus-Christ. » — 'le Metz, dont Bossuet était le supé- Ces mots ne sont jias de Bossnet, rieur, i Floquet. Efndei'... 1. 1. p. 4.30, mais de son neveu.

• r Collin. Vie de ta rénerahle ser- rt. Var. : vers vos.

irintc de Dieu, .^tnrie L'imof/iie. re'ire

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emporter aux objets qui se présentent. Une ardeur inconsidérée nous jette bien avant dans l'action, avant que nous en ayons assez remarqué et les suites et les circonstances ; si bien qu'un conseil peu rassis produisant des résolutions trop précipitées, il se voit ordinairement ^ que nous errons deçà et delà plutôt que de marcher dans la droite voie. Ce grand et victorieux monarque dont j'ai aujourd'hui emprunté mon texte, s'est bien éloigné de ces deux défauts, et il est aisé de le remarquer par les paroles que j*ai rapportées. Il a, dit-il, étudié ses voies, il a délivré son esprit de toutes préoccupations étrangères, il a médité sérieusement où il devait porter ses inclinations : Cogitavi vius vieas. Voilà une délibération bien posée ; après quoi, je ne m'étonne pas s'il a piùs le meilleur parti, et s'il nous dit que le résultat de cette importante consultation a été de tourner ses pas du côté de la loi de Dieu : Et converti pedes meos in testimonia tua. Si tous les hommes délibéraient aussi soigneusement que David sur cette matière si nécessaire, je me persuade, mes Sœurs, qu'ils prendraient fort facilement une résolution semblable ; et, étant convaincu de ce sentiment, j'ai cru qvie cet entretien particulier que vous avez désiré de moi contenterait vos pieux désirs, si je reclierchais les raisons sur lesquel[le]s David a pu appuyer cette résolution si bien digérée... [.li;e].

Dans cette consultation importante, où il s'agit de déterminer du point capital de la vie et de se résoudre pour jamais sur les devoirs essentiels de l'homme, Chrétiens, je me représente que, venu tout nouvellement d'une terre inconnue et déserte, isnorant des choses humaines, je découvre d'une même vue tous les emplois, tous les exercices, toutes les occupations différentes qui partagent en tant de soins les enfants d'Adam rhu-ant ce laborieux pèlerinage. O Dieu éternel, quel tracas! quel mélange de choses ! quelle étrange confusion ! et qui pourrait ne s'étonner pas d'une diversité si prodigieuse? La guerre, le cabinel , le gouvernement, hi

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