SERMONS PRIS À L'AUDITION
PAXÉGYRIQUE DK SAINT CHARLES BOKROMÉE, à Paris, 4 novembre IHôd i'.''.
Un manuscrit du Chapitre de la cathédrale de Baveux (n° 46) nous a conservé le texte, pris à l'audition, d'un panégyrique de saint Charles Borromée attribué à Bossuet.
Rien ne s'oppose à cette attriliution, d'autant que nous savons que le grand orateur a prononcé ini discours de ce genre, auquel il renvoie hii-niême dans l'original d'un sermon du 16 mars 1663.
Ce panégyrique fut prêché à Paris, le jour de la fête de saint Charles (i novembre), devant une confrérie établie sous sou patronage en l'église Saint-Jacques de la Boucherie, pour le soulagement des malades et spécialement des pauvres honteux.
La date du discours est incertaine. Il est aùr néanmoins qu'on ne doit pas songer à l'année 1662, parce que, cette année-là, le panégyrique du saint fut prêché devant la Reine, ce c(ui n'est pa.s le cas du discours de Bayeux. Il faut aussi écarter l'année 1660, où le panégyrique fut donné i)ar le P. Cueillens, et les années 1657 et 16.18, parce que le 4 novembre de ces années-là, Bossuet était loin de Paris. On peut donc hésiter entre 16.j6, 1659 et 1661. La date la plus ancienne semble plus probable. (Voir E. Levesque, dans la Rci'iie Bossuet. octobre 1902, p. 193 : Lebarq, Histoire critique, p. 287, note 2 ; Loret, La Muse histori(pie, Paris,, 1878, in-8'', t. III, p. 277: L** \'--"* (Le Villain), Essai cVune histoire de la paroisse de Saint-Jacques de la Boucherie. Paris,. 1758, in-12, p. 122-125).
Ergo mors in nobis operatur, viia autem in vohis.
Donc la mort opère en nous, et la vie en vous, dit l'Apôtre saint Paul dans la 2^ Ëpître aux Corinthiens, ch.
4nie, V. 12.
Lorsqu'on parle en pré.sence des peuples fidèles ou des devoirs du sacerdoce ou des vertus des ecclésiastiques.
ils pensent que ces discours ne les touchent point, et renvoient toute la pratique de ces devoirs ou à l'ordre sacerdotal ou aux personnes consacrées. Mais c'est une vérité chrétienne, que, se faisant en nous par le saint baptême une impression spirituelle du caractère du pontificat de Notre-Seigneur Jésus-Christ, tous ceux qui ont l'honneur d'être ses membres sont aussi participants de son sacerdoce, et que, par conséquent, ils doivent prendre part, selon la mesure qui leur est donnée, à l'esprit et aux fonctions de sa prêtrise. C'est ce que le docte saint Chrysostonie ^ explique très excellennnent par l'ordre même du sacrifice, où le peuple s'unit avec le prêtre en société du même esprit, oii le prêtre, quoiqu'il paraisse tout seul à l'autel, porte néanmoins des vœux communs et parle au nom de toute la sainte assistance, apprenant aux enfants de Dieu par cette sainte cérémonie qu'ils sont réellement unis avec lui dans un esprit sacerdotal et apostolique. C'est pourquoi je me persuade. Messieurs, que ce que j'ai à dire aujourd'hui du saint pontife, dont nous honorons la mémoire, quoiqu'il regarde principalement l'état ecclésiastique, il ne sera pas toutefois inutile au reste de mes auditeurs. Et comme j'ai dessein de vous faire voir C|ue l'esprit du sacerdoce oblige tous les chrétiens à se consacrer à Dieu comme des victime^, j'espère que les fidèles, que le sang du Sauveur du monde a faits et prêtres et sacrificateiu-s au Dieu vivant, entendront par cette doctrine qu'ils doivent se rendre des oblations saintes, vivantes et agréables par Jésus-Christ au Père éternel*. Mais, comme saint Paul assure que ce sacrifice se doit consommer dans l'esprit du même Jésus et que j'apprends du même apôtre que ce Jésus s^est offert h son Père par le Saint-Esprit", prions ce même Esprit qu'il produise l'abondance de la grâce dans nos cœurs pour en faire des hosties vivantes ; mais demandons cette grâce par l'intercession de Marie, en lui disant : Ave.
Le sacrifice des chrétiens, c'est de s'immoler euxmêmes avec Jésus-Christ, et de se rendre semblables à ce Dieu sacrifié povu' l'amour de nous, en devenant avec