Phil., IV, 12. 4. S. Angust., Annot. in Joh
Confrères, qui êtes assemblés en son, nom, que vous devez travailler à vous revêtir d'un esprit de tendresse, de compassion et de fraternité chrétienne. -Et je ne crois pas que cette compassion soit inutile en soi-même parce qu'elle pousse des plaintes infructueuses. Car, tout de même que l'on voit que le ciel répand l'eau de toutes parts, touché de la stérilité de la terre, ainsi le cœur de saint Charles Borromée, ému par la compassion, fait rejaillir ses eaux, je veux dire ses aumônes sur la disette de tous les pauvres^. Il ne vous imite pas, riches malheureux, qui pensez avoir satisfait aux obligations de la charité quand vous avez répandu quelque petite goutte de votre abondance. Il vend jusqu'à son lit pour soulager les pauvres, parce qu'ayant été la victime de la pénitence et de la discipline ecclésiastique, il veut être encore la victime de la charité pastorale. Car ces aumônes. Messieurs, ne sont pas seulement un présent, ce sont encore des sacrifices*. Le présent se peut faire sans violence, mais le sacrifice ne se fait jamais sans quelque effort. Si donc la charité est un sacrifice, elle ne se contente pas de donner le superflu, elle se fait encore violence pour donner une partie du nécessaire. Il faut se faire quelque effort pour faire une véritable aumône : Manum inferre rei suœ ex causa eleemosynse ^, dit Tertullien. Il faut s'épuiser de ses propres biens. Il faut prendre le couteau de la séparation, il faut retrancher une partie du nécessaire pour faire une sainte et fructueuse aumône. Ah ! Chrétiens, si vous pratiquiez de telles aumônes, la confrérie de saint Charles Borromée ne serait pas réduite, comme elle est, à se plaindre de votre froideur. Ah ! Messieurs, soutenez une si pieuse compagnie ; prêtez-leur la main. En ce temps, oh les maladies régnent avec tant de pouvoir, hé ! prêtez-leur votre secours. Ne laissez pas tomber une œuvre si sainte ; employez-vous avec eux à secourir les pauvres malades.
1. Dans le sermon de charité à. on lit cette seconde référence : a iJel'Hôpital général, pour le vendi-edi t ranch emetit nécessaire, autrememt de la Passion 1663. on lit cette réfé- rostre aumosne n'est pas U7i sacrifice. rence donnée par Bossuet :« Compff*- \'<»/. S. Charles Borromée. ))
sion ébranle le cœur pour ouvrir les ii. Tertull.. Liber de patientia. vu :
sources des aumônes. Vo>/. S. Charles « Ipse rei l'nœ maniun in ferre posset
Borromée. » '" cans.ia eh'emosi/nri'. n