‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 41 sur 397 · Vai'. : (lisrtieiit-ils. .". I Jo;m.. i. S · texte numérisé non relu

Vai'. : (lisrtieiit-ils. .". I Jo;m.. i. S

•2. Luc. 11. 14.

en quelque sorte au-dessus des justes, et qui fait que la justice rendue a quelque avantage au-dessus de la justice toujours conservée ! Car puisque ces intelligences célestes, qui goûtent le vrai bien dans la source, ne peuvent avoir de ces joies déréglées que l'opinion fait naîti'e en nos âmes, ne voj'CZ-vous pas, Chrétiens, qu'elles ne se peuvent réjouir que du bien? Et donc, si leur joie est plus abondante, ne faut-il pas conclure nécessairement qu'il leur paraît quelque bien plus considérable, d'autant plus que c'est le Sauveur lui-même qui les excite par son exemple à cette sainte et divine joie?

En effet, ne voyez-vous pas qu'il se présente à nous dans notre évangile sous la figure de ce berger qui laisse tous ses troupeaux au désert pour chercher une brebis égarée ; qui, l'ayant trouvée au milieu des bois, seule et tremblante d'effroi, la rapporte sur ses épaules, et appelant ses amis et ses proches : Réjouissez-vous uvec moi, dit-il, de ce que j'ai rencontré ma brebis perdue ^? De sorte que les anges et le Sauveur même se réjouissant ])lus d'un pécheur sauvé que d'un juste qui persévère, il paraît que l'innocence recouvrée a quelque chose de plus agréable que l'innocence continuée. Réjouissonsnous, pécheurs misérables ; admirons la force de la pénitence, qui nous rend avec avantage ce que notre péché nous avait fait perdre ; et pour exciter en nos cœurs les saints gémissements de la pénitence, recherchons les vél'itables raisons de cette vérité si satisfaisante que Jésus- Christ nous enseigne dans son Évangile.

Si je n'avais qu'à vous parler d'une joie humaine, je me contenterais de vous dire que nous expérimentons tous les jours une certaine douceur plus sensible à rentrer dans la possession de nos biens qu'à nous maintenir dans la jouissance : nous goûtons la santé par la maladie, et la perte de nos amis nous apprend combien ils l'.ous étaient nécessaires, car l'accoutumance nous ôte ce qu'il y a de plus vif dans le sentiment ; et notre jugement est si faible que, ne pouvant pénétrer les choses en elles-mêmes, il ne les reconnaît jamais mieux que par

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