‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 45 sur 397 · De Bnpt. cont. Douât., lib. VJI, u · texte numérisé non relu

De Bnpt. cont. Douât., lib. VJI, u

Les justes sont en la maison de Dieu, et ils sont euxmêmes la maison de Dieu, selon ce que c!it le Prophète : J'habiterai au milieu de vous ^ ; et l'Apôtre : Ne savezvous pas que vous êtes les temples de VEspnt de Dieu " ? Mais les méchants qui sont en l'Église, qui est la maison que Dieu a choisie, ne sont jjas la maison choisie : Dieu n'habite pas en leurs coeurs ; ils ne sont pas les pierres vivantes de ce miraculeux édifice, dont les fondements sont posés en terre et dont le sommet égale les cieux : « Ils sont dans l'Église, dit saint Augustin, comme la paille est dans le froment, sieui palea esse dicitur in frumentis ; parce que, encore qu'ils soient liés par les sacrements, néanmoins ils sont sépai-és de cette invisible unité qui est assemblée par la charité : Cum intus videantur, ah iîla invisibili charitatis eompage separati sunt. » — Alios^ ita [dtci] esse in domo, ut non pertineant ad compagem domus, nec ad soeietatcm fructiferse paeificœque justiti-œ ; sed sicut esse palea dicitur in frumentis : nam et istos esse in domo negare non possumus, dicente ^ Apo.stolo'^ : In magna autem domo [ non *" sohim sunt vasa uurea vel argcntea, sed et lignea et fictilia ; et qusedam quidem in honorem, qusedam autcm in contum.eliam].

Par où nous voyons clairement qu'il y a double unité dans l'Église : l'une est liée par les sacrements qui nous sont communs ; en celle-là, les mauvais y entrent, quoiqu'ils n'y entrent qu'à leur damnation. Mais il y a une autre unité invisible et spirituelle, qui joint les saints par la charité, qui en fait les membres vivants. A cette paix, à cette unité, à cette concorde, il n'y a que les justes qui y participent; les impies n'y ont point de place, ils en sont excommuniés. Il y a une arche, à la vérité, qui renferme tous les animaux, mondes "^ et immondes ; il y a un champ qui porte le bon et le mauvais grain; mais il y a une colombe et une parfaite, qui ne reçoit en son sein que les vrais fidèles qui vivent en l'unité par la charité : Una est columha mea, perfecta

1. Cf. Levit.. XXVI. 1-2: II Cor.. 4. M>. : Paulo apoMolo diceu/e. VI. Ifî. ô. II Tim., II. •20.

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