Lâchât : le gniud. rirt/iia-m
2. On lit dans le texte : (inci»- ;i. Lib. De Cnrne Chr.. n. 17. oilmodum astricfum eft morti ffeiius 4. De Sipiih. ti'l Cadr/nu/i.. serm. /( 'imanitm per rirçinem. saîralnr per 1 1 1. cap. i v.
L'ouvrage de notre corruption commence par Eve, l'ouvrage de la réparation par Marie; la pai-ole de mort est portée à Lve, la parole de vie à la sainte Vierge ; Lve était vierge encore, et Marie est vierge ; Eve encore vierge avait son époux ; et Marie, la Vierge des vierges, avait son époux ; la malédiction est donnée à Eve, la })éiiédicti6n à Marie : loî/.s êtes bénite entre toutes les femmes ^ ! Un ange de ténèbres s'adresse à Eve, un ange de lumière parle à Marie ; l 'ange des ténèbres veut élever Eve à une fausse grandeur, en lui faisant affecter la divinité : Vous serez eomme des dieux, lui dit-il" ; l'ange de lumière établit Marie dans la véritable grandeur par une sainte société avec Dieu : Le Seigneur est avec vous, lui dit Gabriel ^. I/ange des ténèbres parlant à Eve lui inspire un dessein de rébellion : Pourquoi est-ce que Dieu vous a commandé de ne point manger de ce fruit si heau'^ ? I/ange de lumière parlant à Marie lui persuade l'obéissance : Ne craignez point, Marie, lui dit-il ; et : Rien n'est impossible au Seigneur". Eve croit au serpent, et Marie à l'ange : de cette sorte, dit Tertullien ^, une foi pieuse efface la faute d'une téméraire crédulité, et Marie « répare en croyant à Dieu ce qu'Eve a gâté en croyant au diable : Quod iUa crcdendo deJiquit, ha'c crcdendo deJevit. » Et, pour achever le mystère, Eve séduite par le démon est contrainte de fuir la face de Dieu ; et Marie instruite par l'ange est rendue digne de porter Dieu : « afin, dit l'ancien Irénée (écoutez les paroles de ce grand martyr) , afin cjue la Vierge Marie fût l'avocate de la vierge Eve : Vt virginis Evic virgo Maria fieret advocata ~ . »
Après un rapport si exact, qui pourrait douter Cjue Marie ne fût l'Eve de la nouvelle alliance et la mère du nouveau peuple? Non certainement. Chrétiens, ce ne sont point les hommes qui nous persuadent une vérité si constante ; c'est Dieu même qui nous convainc par l'ordre de ses conseils très profonds, par la merveilleuse économie de tous ses desseins, par la convenance des cho-