Gen., in
ses si évidemment déclarée, par le rapport nécessaire de tous ses mjstères.
Et je ne puis plus ici retenir les secrets mouvements de mon cœur ; je ne puis que je ne m'écrie avec toute l'Église catholique : O sainte, ô [p. 5] incomparable Marie, nous crions, nous gémissons après vous, misérables bannis, enfants d'Eve \ Car à qui auront leur recours les enfants captifs d'Kve l'exilée, sinon à la mère des libres? Et si telle est la doctrine des anciens Pères, si telle est la foi des martyrs, que vous soj-ez l'avocate d'Eve, ne prendrez-vous pas aussi la défense de sa postérité condamnée? Si donc Eve inconsidérée nous a présenté autrefois le fruit empoisonné qui nous tue, est-il rien de plus convenable ([ue nous recevions de vos mains le fruit de vos bénites entrailles, qui nous donne la vie éternelle? O merveille incompréhensible des secrets de Dieu ! ô convenance de notre foi !
Mais il n'est pas temps encore de nous arrêter, il faut entrer plus profondément dans une méditation si pieuse : il faut recherciier dans les Écritures et dans le mystère de cette journée quelle est cette fécondité de Marie, qui lui donne tous les chrétiens pour enfants.
Pour cela, nous distinguerons deux sortes de fécondité. Il y a la fécondité de nature ; il y a la fécondité de la charité. C'est la fécondité de nature qui donne les enfants naturels ; mais ceux qui ont entendu l'apôtre saint Paul écrivant ainsi aux Galates ^ : Mes petits enfants, que j'enfante encore jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé en vous, savent bien que la charité est féconde ; et c'est pourquoi saint Augustin dit souvent que la « charité est une mère : Charitas mater est^. »
Et pour porter plus haut nos pensées, cette double fécondité, que nous voyons dans les créatures, est émanée de celle de Dieu, qui est la source de toute fécondité, et duquel, comme dit l'Apôtre aux Éphésiens^, toute paternité prend son origine. La nature de Dieu est féconde et lui donne dès l'éternité son Fils naturel, égal et consubstantiel à son Père. Son amour et sa