‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 56 sur 397 · Edit. : que nous l'aurons oon- 2. /» P.<. r.xxxiv, n · texte numérisé non relu

Edit. : que nous l'aurons oon- 2. /» P.<. r.xxxiv, n

tentée.

94 POUR UNE VÊÏURE.

C'est pourquoi le grave TertuUien, méprisant l'utilité de toutes les occupations ordinaires : Je ne ^ suis point, dit-il, dans l'intrigue ; on ne me voit point m'enipresser près de la personne des grands, je n'assiège ni leurs portes ni leurs passages, je ne me romps point l'estomac à crier au milieu d'un barreau; je ne fréquente point les places publiques ; j 'ai assez à travailler en moi-même, c'est là que je mets toute mon affaire : In ine unicam negotium mihi est: tout mon soin est de retrancher les soins superflus : nihïl aliud euro, quam ne ciirem'.

O généreuse résolution d'un philosophe chrétien î Chère Sœur, c'est ce que vous devez pratiquer dans la sainte retraite où vous voulez vivre. Laissez le siècle avec ses erreurs et ses empressements inutiles. Il ne peut souffrir votre solitude, ni votre grille, ni votre clôture; il appelle votre retraite une servitude : au contraire, il se glorifie, par une vaine ostentation, de sa liberté. Les hommes du siècle croient être libres, parce qu'ils errent deçà et delà dans le monde, éternellement travaillés de soins superflus, et ils appellent leur égarement une liberté : comme des enfants qui se pensent libres, lorsque, échappés de la maison paternelle, ils courent sans savoir où ils vont. Pernicieuse liberté du siècle, qui ne nous laisse pas le loisir de vaquer à nous ! Heureuse mille et mille fois votre servitude, qui vous occupe si utilement en vous-même !

Quelle affaire plus importante que de composer son intérievn-, c'est-à-dire la seule chose qui nous appartient? Quelle pensée plus douce ni plus agréable? Si ta maison menace ruine, tu y emploies les jours et les nuits avec une satisfaction mei'veilleuse. Ton âme se dément ' de toutes parts comme un édifice mal entretenu, et tu n'auras point de plaisir à la réparer! Dieu commet à tes soins un champ très fertile, c'est-à-dire l'âme raisonnable, capable de porter des fruits immortels ; quelle honte que, dédaignant un si bel ouvrage, tu t'abaisses jusqu'à cultiver une terre stérile et infructueuse*!

1. Nouveau passage souligné en 3. Se démentir, tomber en ruine, entier (p. 12). Cf. La Bruyère, xvi, 43.

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