Hebr., vr 19. Les éditeurs ont corrigé ce lati
4. Yar. :' le vaisseau. — Voy. un nisme, et ceux qui suivent, autre exemple de ce féminin dans le 5. Edit. : au ciel.
POUR INE VÈTl RK. 99
C'est pourquoi je vous exhorte, ma très chère Sœur, que vous méprisiez généreusement la pompe du monde et que vous choisissiez ^ la meilleure part, qui ne vous sera point ôtée. Non certes, elle ne vous sera point ôtée ; votre retraite, votre solitude, vous fera commencer dès ce monde une vie céleste : ce que vous commencerez sur la terre, vous le continuerez dans l'éternité. Dites-moi,, que cherchez-vous dans ce monastère ? ^ ous y venez contempler Jésus, écouter Jésus avec Marie la contemplative ; vous y venez pour louer Jésus, pour goûter Jésus, pour aimer uniquement ce divin Jésus : c'est pour cela que vous séparez votre cœur de l'empressante multiplicité des désirs du siècle. Que font les"...
Mais achèverons-nous ce discours sans parler de la divine Marie, dont nous célébrons aujourd'hui la Nativité bienheureuse? Allons tous ensemble, mes très chères Sœurs, allons au berceau de Marie, et couronnons ce sacré berceau, non point de lis ni de roses, mais de ces fleurs sacrées que le Saint-Esprit fait éclore ; je veux dire de pieux désirs et de sincères louanges. Regardons l'incomparable Marie comme le modèle achevé de la vie retirée et intérieure ; et tâchons de remarquer en sa vie, selon la portée de l'esprit humain, la pratique des vérités admirables que son Fils, notre Sau\"eur, nous a enseignées...
1. Edit. : à mépriser... et à choi- dizaine de lignes à nous parler des ^ir. saints dans le ciel, avec force épi-
2. L'orateur eominence ici une thétes :(( insatiable admiration, doux phrase, qu'il n'achèvera qii'en chai- ravissement, nouvelles délices, saint re. Deforis continue durant une transport... »
MON POUR LA riKCOXCISIOX.
A Metz, vers l()ô().
Deforis, à la première page de ce sermon, fait cette étrange concession au goût de son siècle : « Nous avons supprimé de ce sermon plusieurs morceaux tirés mot à mot du précédent (c'est-àdire du premier sermon pour la Circoncision), qui pouvaient être 7Ttranchcs ^aiis interrompre l'ordre et la suite du discours. » Il s'engage ensuite à recommencer, quand il trouvera une occasion favorable. C'est peu rassurant pour les œuvres, heureusement peu nombreuses, dont le manuscrit ne se retrouve plus. .Vjoutons toutefois que toutes ne se prêtaient pas également à ces sortes de manipidations. Il fallait pour cela qu'il y eiit un double, ou du moins deux sujets analogues. Ici, n'ayant retrouvé qu'un des deux manuscrits, nous ne sommes peut-être pas tout à fait en mesure de rétablir dans sa parfaite intégrité le second discours. Nous n'en sommes pas toutefois réduits à dire avec M. Lâchât (t. VIII, p. 327) qu' « on n"y trouvera ni division ni parties distinctes, pour ainsi dire ni commencement ni fin. » En réalité, il ne manquera que peu de chose à l'œuvre telle que nous allons la reconstituer '.
Dcus autem, rex iwster anie ssecula, operatus est salutem in medio terrue.
Dieu -, qui est notre roi avant tous les siècles, a opéré notre salut au milien de la terre. (Ps. lxxiii, 12.)
Quoique nous apprenions par les saintes Lettres que Dieu se considère dans tous ses ouvrages, et que, ne voyant rien dans le monde qui ne .soit infiniment au dessous de lui, il ne voit aussi que lui-même qui mérite d'être la fin de ses actions; toutefois il est assuré qu'il n'augmente pas pour cela ses propres richesses, parce qu'elles sont infinies. Quelques beaux ouvrages que produise sa toute-puissance, il n'en retire aucun bien que celui d'en faire aux autres, et il n'y peut rien acquérir que le titre de bienfaiteur ; et l'intérêt de ses créatures
1. Sur l'exUtence d'un sdimmiire. l'it-uvre de Deforis. Voy. celle de la vov. ci-après, p. 111. p- H'i-
2 Cette traductlDii est i)eut-étre
POUR LA CIRCONCISION DE NOTRE-SEIGNEUff: ,401. ""
se trouve si heureusement conjoint avec le sièn; qùè~~---, comme il ne leur donne que pour l' avancement cfe sg^ gloire, aussi ne peut-il avoir de plus grande ig'lolre qi^e, de leur donner. C'est pourquoi l'Église, inspirée^de ^ ' '- Dieu, nous apprend, dans le sacrifice, à luî'-.jen.d^(^'7-.--.. grâces pour sa grande gloire : Gratias agimiis tihi pw.-.^'^' pter mognam gloriam tuam ; afin que nous comprenions, par cette prière, que la grande gloire de Dieu, c'est d'êti'e libéral à sa créature. C'est pour cette raison que le Fils de Dieu prend aujourd'hui le nom de Jésus et la qualité de sauveur. Ce n'est pas assez que l'on nous enseigne que ce petit enfant est né pour les hommes, il faut que son nom nous le fasse entendre ; et il en revient à notre nature ce grand et glorieux avantage, qu'on ne peut honorer le nom de Jésus sans célébrer aussi notre délivrance, et ainsi, que le salut des mortels est devenu si considérable qu'il fait non seulement le bonheur des hommes et le sujet des hymnes des anges, mais encore le triomphe du Fils de Dieu même.
Sainte Mère de mon Sauveur, dont le Saint-Esprit s'est servi pour lui donner un nom si aimable, obteneznous de Dieu cette grâce, que nous en sentions les douceurs, que l'ange commença de vous expliquer après qu'il vous eut ainsi saluée : Ave...
Encore que le m}'stère de cette journée, cachant à nos yeux la divinité, nous représente le Fils de Dieu, non seulement dans l'infirmité de la chair, mais encore dans la bassesse de la servitude, et que les cris, les gémissements et le sang de cet enfant circoncis semblent plutôt exciter en nous ^ les tendresses de la pitié que les soumissions du respect ; néanmoins la foi pénétrante, qui ne peut être surprise par les apparences, nous découvre dans ses faiblesses des marques illustres de sa grandeur et des témoignages certains de sa royauté. C'est, Fidèles, cette vérité chrétienne que je me propose de vous faire entendre avec le secours de la grâce. J'espère que vous verrez aujourd'hui dans le nom que l'on impose au Sauveur des âmes et dans les prémices du sang pré-