‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 60 sur 397 · Yar. : proiliiire en nos âmes · texte numérisé non relu

Yar. : proiliiire en nos âmes

cieux qu'il commence à verser pour l'amour des hommes, une expression évidente de la souveraineté très auguste que son Père céleste lui a destinée. Et vous reconnaîtrez que cette doctrine nous est infiniment fructueuse, puisqu'en établissant la gloire du maître et les droits de sa royauté, elle nous apprend tout ensemble les devoirs de l'obéissance.

Entrons donc en cette matière sous la conduite des Lettres sacrées, et disons avant toutes choses que le nom de Jésus est un nom de roi, et qu'il signifie une royauté qui n'est pas moins légitime qu'elle est absolue. Pour mettre cette vérité dans son jour, je suppose premièrement que la royauté est le véritable apanage de la nature divine, à laquelle seule appartient la souveraineté et l'indépendance. Or, entre tous les divins attributs, il y en a trois principaux, qui établissent le règne de Dieu sur ses créatures : la puissance, la justice, la miséricorde. Que Dieu règne par sa puissance, c'est une vérité si constante qu'elle entre par elle-même dans tous les esprits, sans qu'il soit besoin d'alléguer des preuves. En effet, c'est par sa puissance qu'il dispose des créatures ainsi qu'il lui plaît, sans que rien puisse résister à ses volontés ; et par conséquent il en est le roi avec une autorité qui n'a point de ])ornes. C'est pourquoi l'apôtre saint Paul, en parlant de Dieu : C'est, dit-il, le hien- Jtcunux et le seul puissant ; et il ajoute aussitôt après : Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs \ comme ayant dessein de nous faire entendre que l'empire de Dieu doit être infini, parce que sa puissance est incomparable.

Mais je remarque ici. Chrétiens, que ce règne est universel et enferme indifféremment tous les êtres, qui relèvent également de la toute-puissance divine. Si bien que les hommes et les anges étant capables d'un gouvernement spécial, parce qu'ils peuvent être conduits par la raison, il paraît manifestement qu'outre ce règne de toute-puissance, qui comprend généralement toutes les créatures, il faut encore reconnaître en Dieu quelque domination plus particulière pour les natures intelli-

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