‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 7 sur 397 · Gai.. IV. 19. 4. Ephe>.. m · texte numérisé non relu

Gai.. IV. 19. 4. Ephe>.. m

.^. lu Epht. Joan.. Tract, ii, n. 4 :

^ l'OlR LA FÊTF, DE i/aNNONCI ATION.

charité est féconde aussi ; et c'est de là, Fidèles, que nous sommes nés, avec tous les enfants d'adoption. Or, d'autant que la bienheureuse Marie est la mère du Fils unique de Dieu, je ne craindrai point de vous dire qu'il faut que le Père céleste ait laissé tomber sur cette princesse quelc^ue rayon ou quelque étincelle de sa fécondité infinie. Car vous m'avouerez qu'il est impossible qu'une créature soit mère de Dieu, si elle ne participe en fiuelcjne manière à cette divine fécondité. Et c'est ce que l'ange nous fait entendre, lorsqu'il dit que la bienheureuse Marie est couverte de la vertu du Très-Haut.

Comprenez ceci. Chrétiens. Quand l'anne lui dit qu'elle enfantera : Et comment cela, répond-elle, puisque jhti résolu d'être vierge, et par conséquent que je suis stérile? Sur quoi l'anj^e lui repartit aussitôt, que la vertu du Très-Haut J^environnerait. C'est-à-dire : Ne craignez point, ô Marie, que la stérilité bienheureuse que votre virginité vous apporte [p. 6] vous empêche de devenir mère ; la vertu du Très-Haut vous couvrira toute \ la fécondité du Père éternel, de laquelle vous serez remplie, tiendra la place et fera l'effet de la fécondité humaine : et c''est pourquoi celui que vous concevrez sera nommé le Fils du Très-Haut ~, parce que vous le concevrez par une fécondité qui passe la nature et qui est découlée de celle de Dieu. Marie participe donc en quelque manière, et autant que le peut souffrir la condition d'une créature, à la fécondité infinie de Dieu. Et de même qu'il lui a donné f[uelque écoulement de sa fécondité naturelle'^ afin qu'elle conçiit le vrai Fils de Dieu, je dis aussi qu'il lui a fait part de la fécondité de son amour pour la rendre mère de tous les fidèles.

Saint Augustin, dans le livre De la Sainte Virginité : (( Carne mater capitis nostri, spiritu mater memhrorum ejus ; cjuia cooperata est charitate ut filii Dei nascercntur in Ecclesia ^ : Elle a coopéré par sa charité à la naissance des enfants de Dieu dans l'Église. » Si bien que la chair virginale de la très pure Marie, remplie de la fécondité du Très-Haut, a engendré Jésus-Christ son

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