‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 61 sur 397 · I. I Tim.. VI · texte numérisé non relu

I. I Tim.. VI

gentes. C'est aussi ce que nous voyons éclater dans sa bonté et par sa justice. Car, comme entre les anges et les hommes, les uns sont rebelles à leur créateur et les autres sont obéissants, les uns suivent ses volontés et les autres les contredisent, et que d'ailleurs il est impossible que rien échappe de ses mains souveraines, ni se dérobe de son empire ; qui ne voit qu'il est nécessaire qu'il établisse deux gouvernements différents, l'un de justice, l'autre de bonté; l'un pour la vengeance des crimes, l'autre pour le couroimement des vertus : l'un pour ranger les esprits rebelles par la rigueur d'un juste supplice, l'autre pour enrichir ^ les respectueux par la profusion des bienfaits?

De là ces deux règnes divers dont il est parlé dans les saintes Lettres : l'un de rigueur et de dureté, que le Psalmiste nous représente en ces mots : Fous les régirez, dit-il, avec un sceptre de fer, et vous les briserez tout ainsi quhin vaisseau de terre'; l'autre, de douceur et de joie, que le même Psalmiste décrit : Avancez,- dit-i\, 6 mon Prince! combattez heureusement, et régnez par votre beauté et par votre bonne grâce '\ Par où le Saint- Esprit nous veut faire entendre qu'il y a un règne de fer, et c'est le règne de la justice rigoureuse, qui assujettit par la force les esprits rebelles en les contraignant de porter le poids d'une impitoyable vengeance ; et qu'il }• a un règne de paix, et c'est le règne de la bonté, qui possède les cœurs souverainement par les grâces (îe ses attraits infinis : de sorte que nous avons prouvé par les écritures le règne de la puissance, et de la justice, et de la miséricorde divine.

Ces vérités étant supposées, venons maintenant à l'Enfant Jésus; et puisque tant de prophéties, tant d'oracles, tant de figures du Vieux Testament lui promettent qu'il sera roi, ne craignons pas de lui demander de quelle nature est la royauté qu'il est venu chercher sur la terre. Il est certain, aimable Jésus, que ce nouveau règne ne s'établit pas sur votre pouvoir, puisque vous vous revêtez de notre faiblesse ; ni sur la rigueur de votre justice, puisque vous déclarez dans votre Évangile

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