‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 62 sur 397 · Ps. II · texte numérisé non relu

Ps. II

que vous n'êtes pas venu pour juger Je uwnde ^. Que nous reste-t-il donc maintenant à dire, sinon que le règne que vous commencez est un règne de miséricorde ? Aussi ne prenez-vous pas aujourd'hui le titre pompeux de Dieu des armées, pour nous étonner par votre puissance, ni la qualité terrible de juste juge, pour nous effrayer par votre rigueur, mais l'aimable nom de Jésus, pour nous inviter par votre clémence. Vous venez pour régner ; il vous plaît de régner sur nous en qualité de sauveur des âmes ; et ainsi vous accomplissez cette fameuse prophétie d'un de vos ancêtres : Dieu, qui est notre roi devant tous les siècles, a opéré le salut au milieu du monde ^ .

Mais, Fidèles, s'il est véritable que le nom de Jésus soit un nom royal, un nom de grandeur et de majesté qui promet à l'enfant que nous adorons un empire si magnifique, pourquoi vo}'ons-nous du sang répandu, et ne recherchons-nous point dans les lîcritures ^ le secret de cette mystérieuse cérémonie? J'entends votre dessein, ô mon roi sauveur ! Ce n'est pas assez que vous soyez roi, il faut que vous soyez un roi conquérant. Comme roi, vous sauvez vos peuples ; comme conquérant, vous donnez du sang et vous achetez à ce prix les peuples que vous soumettez à votre pouvoir. Et c'est, Fidèles, pour cette raison que, dans cette même journée oii il reçoit le titre de roi dans la qualité de sauveur, il veut que son sang commence à couler, afin de nous faire voir son règne établi sur le salut de tous ses sujets et sur l'effusion de son sang. Considérons ces deux vérités, qui comprennenb tout le mystère de cette journée. Prouvons par des raisons invincibles qu'il n'est point d'empire mieux affermi, ni de conquête plus glorieuse ; et tâchons de profiter tellement de cette doctrine tout apostolique, que nous méritions enfin d'être la conquête de notre monarque sauveur, qui n'a conquis et ne s'assujettit ses peuples qu'en les délivrant.

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