‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 64 sur 397 · Apoc. xiii. 10. , 3. II Cor., xiii. S · texte numérisé non relu

Apoc. xiii. 10. , 3. II Cor., xiii. S

2. Rom.. VI. 17. Édit. : Xifiil... 4. liih. II. adi: .]/urcioii. n. II. contra.

DE NOTRK-SEIGNELR. 107

et par là ma proposition demeure invinciblement établie. Car ce n'est pas une véritable puissance, d'afflii^er les liommes avec injustice, parce que, ainsi que nous avons dit, l'injustice est une faiblesse et un esclavaiçe : de sorte que la véritable puissance ne faisant jamais de mal à personne que lorsqu'elle y est contrainte et forcée, il s'ensuit que, par elle-même et de sa nature, elle est éternellement bienfaisante. Et c'est pour cette raison, Chrétiens, que je dis que la royauté est une puissance de faire du bien, parce que telle est la nature de toutes les puissances léoitimes, et que la puissance des rois est un rayon de la puissance divine si naturellement libérale.

]\Iais j'ajoute que cette puissance est universelle; et c'est. Fidèles, cette différence qui distingue le souverain d'avec les sujets. Les libéralités particulières sont nécessairement limitées ; c'est le privilège du prince de pouvoir étendre ses bienfaits par tout son empire : il montre l'éminence de sa dignité par l'étendue de son influence. Ainsi, Dieu a mis le soleil dans une place si élevée audessus de nous, pour réjouir par sa vertu toute la nature. I, 'action du prince, occupé à faire du bien à ses peuples, me montre sa grandeur et son abondance : c'est le caractère de la royauté, c'est ce qui fait la majesté des monarques ; et par là vous pouvez comprendre quelle est la royauté du Sauveur Jésus.

S'il est vrai que la royauté, c'est une puissance de faire du bien ; si le salut, qui mène avec lui la paix, l'abondance, la félicité, est un bien si considérable qu'il est capable de rassasier jusques aux désirs les plus vastes ; qui ne voit qu'il n'est rien plus digne d'un roi que de s'établir en sauvant son peuple? Et nous en lisons un très bel exemple dans les Écritures sacrées, lorsque Saiil entendant les glorieux éloges que tout le monde donnait à David : SaiU en a défait mille, et David dix mille ; il a frappé le PliiliKtin, et a ôté V opprobre d'Israël^; aussitôt il s'écria tout troublé : Après cet éloge, dit-il, il ne lui manque plus rien que le nom de roi'. Comme s'il eût dit : On me dépouille de ma royauté, puisqu'on

Page 1