‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 78 sur 397 · Entre-dctt.r. dans l'intervalle · texte numérisé non relu

Entre-dctt.r. dans l'intervalle

virginité, qui, ayant quelque clio.se de spirituel, a pu en quelque sorte préparer la chair à être unie à cet esprit pur.

Mais, (le peur que vous ne croyiez que je parle ainsi de moi-même, il faut que vous appreniez cette vérité d'un célèbre évêque d'Orient : c'est le grand Grégoire de Nysse, dont je vous rapporte les propres paroles, tirées fidèlement de son texte. « C'est, dit-il, la virginité qui fait que Dieu ne refuse pas de venir vivre avec les hommes ; c'est elle qui donne aux hommes des ailes pour prendre leur vol du côté du ciel ; et étant le lien sacré de la familiarité de l'homme avec Dieu, elle accorde, par son entremise \ des choses si éloignées par nature : Quœ adco natura distant, ipsa intercedens sua virtute conciliât, adducitque in co)icordiam^. »

Peut-on confirmer en termes plus clairs la vérité que je prêche? Et par là, ne voyez-vous pas et la dignité de Marie et celle de Joseph, son fidèle époux? Vous voyez la dignité de Marie en ce que sa virginité .bienheureuse a été choisie dès l'éternité pour donner Jésus- Christ au monde ; et vous voyez la dignité de Joseph en ce que cette pureté de Marie, qui a été si utile à notre nature, a été confiée à ses soins, et que c'est lui qui conserve au monde une chose si nécessaire. O Joseph, «gardez ce dépôt: Depositum custodi. » Gardez chèrement se sacré dépôt de la pureté de Marie. Puisqu'il plaît au Père éternel de garder la virginité de Marie sous le voile du mariage, elle ne se peut plus conserver sans vous; et ainsi votre pureté est devenue en quelque sorte nécessaire au monde, par la charge glorieuse qui lui est donnée de garder celle de Marie.

C'est ici qu'il faut vous représenter un spectacle qui étonne toute la nature ; je veux dire ce mariage céleste, destiné par la Providence pour protéger la virginité, et donner par ce moyen Jésus-Christ au monde. Mais qui prendrai-je pour mon conducteur dans une entreprise si diflficile^, sinon l'incomparable Augustin, qui

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