‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 79 sur 397 · Mot souligné. veille de ce m;iriage, qui est le · texte numérisé non relu

Mot souligné. veille de ce m;iriage, qui est le

2. De Virçinit.. cap. II. triomphe de la pureté... )) Avant de

3. La première rédaction effacée trouver si à propos une réminiscence montre bien la difficulté qu'éprou- providentielle de saint Augustin, il vait l'orateur k représenter « la mer- disait : v. Cette matière est très déli-

traite ^ si divinement ce mystère? Écoutez ce savant évêque", et suivez exactement sa pensée. Il remarque, avant toutes choses, qu'il y a trois liens dans le mariage. Il va premièrement le sacré contrat, par lequel ceux que Fon unit se donnent entièrement l'un à l'autre; il y a secondement l'amour conjugal, par lequel ils se vouent mutuellement un cœur qui n'est plus capable de se partager, et qui ne peut brûler d'autres flammes ; il y a enfin les enfants, qui sont vni troisième lien, parce Cjue l'amour des parents venant, pour ainsi dire, à se rencontrer dans ces fruits communs de leur mariage, l'amour se lie par un nœud plus ferme.

Saint Augustin trouve ces trois choses dans le mariage de saint Josepli, et il nous montre que tout y concourt à garder la virginité^. Il y trouve premièrement le sacré contrat par lequel ils se sont donnés l'un à l'autre; et c'est là qu'il faut admirer le triomphe de la pureté dans la vérité de ce mariage. Car Marie appartient à Joseph, et Joseph à la divine Marie; si bien que leur mariage est très véritable, parce qu'ils se sont donnés l'un à l'autre. Mais de quelle sorte se sont-ils donnés ? Pureté, voici ton triomphe ! Ils se donnent réciproquement leur virginité, et sur cette virginité ils se cèdent un droit mutuel. Quel droit .f" De se la garder l'un à l'autre. Oui, Marie a droit de garder la virginité de Joseph, et Joseph a droit de garder la virginité de Marie. Ni l'un ni l'autre n'en peut disposer, et toute la fidélité de ce mariage consiste à garder la virginité. Voilà les promesses qui les assemblent, voilà le traité qui les lie. Ce sont deux virginités qui s'unissent pour se conserver éternellement l'une l'autre par une chaste correspondance de désirs pudiques : et il me semble que je vois deux astres, qui n'entrent ensemble en conjonction, qu'à cause que leurs lumières s'allient. Tel est le

cate (rar.: trop délicate), et je sen^ Appuyé sur cette espérance, j'eutre-

qu'il est dangereux que je ne bleiîse rai eu cette matière, et d'abord je

sans y penser cette pureté que je remarquerai trois liens dans le ma-

prêche, par un soin trop exact de riage... »

vous la décrire. Mais, ô Dieu de 1. Yar. : explique.

]3ureté. remplissez tellement mon 2. De fjoies. ad litl.. lib. IX. cap.

esprit et celui de mes auditeurs, que vn. n. 12.

mon discoius ne donne que des idées 3. To/i^/a ■/;///«/,.. lib. V. cap. xii,

chastes, dignes de la très pure Marie n. 4(;.

et de Joseph, son pudique époux.

nœud (le ce mariage, d'autant plus ferme, dit saint Augustin ^, que les promesses qu'ils se sont données doivent être plus inviolables en cela même qu'elles sont plus saintes.

Qui pourrait maintenant vous dire quel devait être l'amour conjugal de ces bienheureux mariés? Car, ô sainte virginité, vos flammes sont d'autant plus fortes qu'elles sont plus pures et plus dégagées; et le feu de la convoitise, qui est allumé dans nos corps, ne peut jamais égaler l'ardeur des chastes embrassements des esprits que l'amour de la pureté lie ensemble. Je ne chercherai pas des raisonnements pour prouver cette vérité; mais je l'établirai par mi grand miracle que j'ai lu dans saint Grégoire de Tours", au premier livre de son Histoire. Le récit vous en sera agréable, et du moins il relâchera vos attentions. Il dit que deux [p. 7] personnes de condition et de la première noblesse d'Auvergne, ayant vécu dans le mariage avec une continence parfaite, passèrent à une vie plus heureuse, et que leurs corps furent inhumés en deux places assez éloignées. Mais il arriva une chose étrange : ils ne purent pas demeurer longtemps dans cette dure séparation, et tout le monde fut étonné qu'on trouva tout à coup leurs tombeaux unis, sans que persomie y eût mis la main. Chrétiens, C[ue signifie ce miracle? Ne vous semble-t-il pas que ces chastes morts se plaignent de se voir ainsi éloignés? Ne vous semble-t-il pas qu'ils nous disent (car permettez-moi de les animer et de leur prêter une voix, puisque Dieu leur donne le mouvement) ; ne vous semble-t-il pas qu'ils nous disent : Et pourquoi a-t-on voulu nous séparer ^ ? Nous avons été si longtemps ensemble, et nous y avons toujours été comme morts, parce que nous avons éteint tout le sentiment des plaisirs mortels ; et étant accoutumés depuis tant d'années à être ensemble comme des morts, la mort ne nous doit pas désunir. Aussi Dieu permit qu'ils se rapprochèrent, pour nous montrer, par cette merveille, que ce ne sont pas les plus belles flammes que celles où la

1. De Nupt. et Concup., lib. I. ;?. "\'ar. : pourquoi nous sépare-

n. 12. t-on?

•2. Hiftor. Franc, lib. I, n. 42.

Sermons de Bossuet. — Xi. 9

convoitise se mêle ; mais que deux virginités, bien unies jjar un mariage spirituel, en produisent de bien plus fortes, et qui peuvent, ce semble, se conserver sous ^ les cendres même de la mort. C'est pourquoi Grégoire de Tours, qui nous a décrit cette histoire, ajoute que les peuples de cette contrée appelaient ordinairement ces sépulcres, les sépulcres des deux amants ; comme si ces peuples eussent voulu dire que c'étaient de véritables amants parce c^u'ils s'aimaient par l'esprit".

Mais où est-ce que cet amour si spirituel s'est jamais trouvé si parfait que dans le mariage de saint Joseph? C'est là que l'amour était tout céleste, puisque toutes ses flammes et tous ses désirs ne tendaient qu'à conserver la viï-ginité ; et il est aisé de l'entendre. Car ditesnous, ô divin Joseph, qu'est-ce que vous aimez en Marie? Ha! sans doute, ce n'était pas la beauté mortelle, mais cette beauté cachée et intérieure, dont la sainte virginité faisait le principal ornement. C'était donc la pureté de Marie qui faisait le chaste objet de ses feux ; et plus il aimait cette pureté, plus il la voulait conserver, premièrement en sa sainte épouse, et secondement en lui-même, par une entière unité de cœur : si bien que son amour conjugal, se détournant du cours ordinaire, se donnait et s'appliquait tout entier à garder la virginité de Marie. O amour divin et spirituel ! Chrétiens, n'admirez-vous pas comme tout concourt dans ce mariage à conserver ce sacré dépôt? Leurs promesses sont toutes pures, leur amour est tout virginal. Il reste maintenant à considérer ce qu'il y a de plus admirable : c'est le fruit sacré de ce mariage, je veux dire le Sauveur Jésus.

Mais il me semble vous voir étonnés, de m 'entendre prêcher si assurément que Jésus est le fruit de ce mariage. Nous comprenons bien^, direz-vaus, [p. 8] que l'incomparable Joseph est père de Jésus-Christ par ses

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