V;ir. : en soit offensée
inclinations naturelles peuvent-elles s'acquérir par clioix ; et l'art peut-il imiter ce que la nature écrit dans les cœurs ? Si donc saint Joseph n 'est pas père, comment aura-t-il un amour de père? C'est ici qu'il nous faut entendre que la puissance divine agit en cette œuvre. C'est par un effet de sa puissance que saint Joseph a un cœur de père ; et si la nature ne le donne pas, Dieu lui en fait un de sa propre main. Car c'est de lui dont il est écrit qu'il tourne où il lui plaît les inclinations. Pour l'entendre ^, il faut remarquer une belle théologie que le Psalmiste nous a enseignée, lorsqu'il dit que Dieu forme en particulier tous les cœurs des hommes : Qui finxit singiUatim corda eorum~. Ne vous persuadez pas, Chrétiens, que David regarde le cœur comme un simple organe du corps ^, que l^ieu forme par sa puissance comme toutes les autres parties qui composent l'homme*. Il veut dire quelque chose de singulier: il considère le cœur en ce lieu comme principe de l'inclination ; et il le regarde dans les mains de Dieu comme une terre molle et humide, qui cède et qui obéit aux mains du potier, et reçoit de lui sa figure. C'est ainsi, nous dit le Psalmiste, que Dieu forme en particulier tous les cœurs des hommes.
Qu'est-ce à dire : en particulier? Il fait un cœur de chair dans les uns, quand il les amollit par la charité ; un cœur endurci dans les autres, lorsque, retirant ses lumières par une juste punition de leurs crimes, il les abandonne au sens réprouvé. Ne fait-il pas dans tous les fidèles, non un cœur d'esclave, mais un cœur d'enfant, quand il envoie en eux l'Esprit de son Fils? Les apôtres tremblaient au moindre péril ; mais Dieu leur fait un cœur tout nouveau, et leur courage devient invincible. Quels étaient les sentiments de Saùl pendant qu'il paissait ses troupeaux? Ils étaient sans doute bas et populaires. Mais Dieu, en le mettant sur le trône, lui change le cœur par son onction : Immutavit Dominus cor Sai'd ";