‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 84 sur 397 · Var. : et dont le Psalmiste a 2. Ps. xxxii, lô · texte numérisé non relu

Var. : et dont le Psalmiste a 2. Ps. xxxii, lô

«lit ce beau mot, avec une merveil- 3. Var. : instrument de la vie.

leuse énergie, « qu'il forme en parti- 4. Var. : les autres parties de nos

culier tous les cœurs des hommes ; corps.

Qui ihix.it singillatim corda eoriun. y> ô. I Reg.. X. 9. Entendons le sens de cette parole.

DE SAINT JOSKPH. 137

et il reconnaît incontinent qu'il est roi. D'autre part, les Israélites considéi-aient ce nouveau monarque comme un homme de la lie du peuple ; mais la main de Dieu leur touchant le cœur, quormn tctigcrat Deus corda ^, aussitôt ils le voient plus grand, et ils se sentent émus, en le regardant, de cette crainte respectueuse que l'on a pour ses souverains : c'est que Dieu faisait en eux un cœur de sujets.

C'est donc. Fidèles, cette môme main qui "forme en particulier tous les cœurs des hommes, qui fait un cœur de père en Joseph et un cœur de fils en Jésus. C'est pourquoi Jésus obéit et Joseph ne craint pas de lui commander. Et d'où lui vient cette hardiesse de commander à son Créateur? C'est que le vrai père de Jésus- Christ, ce Dieu qui l'engendre dans l'éternité, ayant choisi le divin Joseph pour servir de père au milieu des temps à son Fils unique, a fait en quelque sorte couler en son sein quelque rayon ou quelque étincelle de cet amour infini qu'il a pour son Fils : c'est ce qui lui change le cœur, c'est ce qui lui donne un amour de père; si bien que le juste Joseph, qui sent en lui-même un cœur paternel formé tout à coup par la main de Dieu, sent aussi que Dieu lui ordonne d'user d'une autorité paternelle ; et il ose bien commander à celui qu'il reconnaît pour son maître.

Et après cela. Chrétiens, qu'est -il nécessaire que je vous explique la fidélité de Joseph à garder ce sacré dépôt ? Peut-il manquer de fidélité à celui qu'il reconnaît pour son fils unique? de sorte qu'il ne serait pas nécessaire que je vous parlasse de cette vertu, s'il n'était important pour votre instruction que vous )ie perdiez pas un si bel exemjile. Car c'est ainsi qu'il nous faut apprendre, par les traverses continuelles qui ont exercé saint Joseph depuis que Jésus-Christ est mis en sa garde, qu'on ne peut conserver ce dépôt sans peine, et que, pour être fidèle à sa grâce, il faut se préparer' à souffrir. Oui certes, quand Jésus entre quelque part, il y entre avec sa croix, il y porte avec lui toutes ses épines, et il en fait part à tous ceux qu'il aime. Joseph et Marie étaient

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