Act.. V. 20. G. Ei)hes., m
auteiii quid fecit ^? » Ordinairement la vie des pécheurs fait plus de bruit que celle des justes ; parce que l'intérêt et les passions, c'est ce qui remue tout dans le monde. Les pécheurs, dit David, ont tendu leur arc, ils l'ont lâché contre les justes, ils ont détruit, ils ont renversé; on ne parle que d'eux dans le monde: Quoniam quse perfecisti destriurerunt ". « Mais le juste, ajoute-t-il, qu'a-t-il fait? Justus autem quid fecit? » Il veut dire qu'il n'a rien fait. En effet, il n'a rien fait pour les yeux des hommes, parce qu'il a tout fait^ pour les yeux de Dieu. C'est ainsi que vivait le juste Joseph ; il voyait Jésus-Christ, et il se taisait : il le goûtait, et il n'en parlait point ; il se contentait de Dieu seul, sans partager sa gloire avec les hommes. Il accomplissait sa vocation, parce que, comme les apôtres sont les ministres de Jésus-Christ découvert, Joseph était le ministre et le compagnon de sa vie cachée.
Mais, Chrétiens, pourrons-nous bien dire* pourquoi il faut que Jésus se cache, pourquoi cette splendeur éternelle de la face du Père céleste se couvre d'une obscurité volontaire durant l'espace de trente années? Ha! superbe, l'ignores-tu? homme du monde, ne le sais-tu pas? C'est ton orgueil qui en est la cause; c'est ton vain désir de paraître, c'est ton ambition infinie, et cette complaisance criminelle qui te fait honteusement détourner à un soin pernicieux de plaire aux hommes celui qui doit être employé à plaire à ton Dieu. C'est pour cela que Jésus se cache. Il voit le désordre ^, il voit le ravage que cette passion fait dans